Menu général

  Pour trouver des trucs généraux

Pourquoi ce site ?

Qui suis-je ?

Remarque, souhait : écrivez-moi.

SVP, faites le lien !



Les catégories

  Classement des articles par type

Action, aventure

Comédie

Comédies musicales

Drame, émotion

Fantastique, horreur

Policier, thriller

Western



Archives du site

  Les anciens articles


Les liens

  Vers d'autres sites de films

la-fin-du-film.com

TietieCulture

Grands classiques sur Amazon.



Charade

Le 31 août 2009 par Lydia M.
Tous des menteurs ?...

Regina Lampert (Audrey Hepburn) est une femme mariée qui s'ennuie ferme (et n'aime pas son mari). Avant d'avoir pu demander le divorce, elle va se retrouver veuve, son mari ayant été balancé d'un train. Elle va croiser sur son chemin le séduisant Peter Joshua (Cary Grant), qui a plus d'un tour dans son sac...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour s'extasier devant ce couple magnifique, elle, ravissante, fragile, un rien naïve, mais aussi aguicheuse et sacrément peste, et lui, ténébreux, assez imperturbable, pince-sans-rire à souhait, limite cynique et parfois carrément mal embouché. Bien sûr, Audrey Hepburn ressemble à un petit moineau tombé du nid, habillé en Givenchy, et Cary Grant est délicieusement guindé dans ses costumes gris.
Mais il faut aller au-delà de ces apparences un peu trompeuses : deux (ou plus ?) niveaux de lecture donnent à ce film très divertissant une vraie profondeur. Il serait réducteur de n'y voir qu'un marivaudage, qu'un jeu du chat et de la souris ponctué de scènes d'action efficaces, et qu'une opposition hommes / femmes, dans laquelle les premiers seraient tous de basiques (et parfois très méchants) dissimulateurs et les secondes toutes des péronnelles au-dessus de tout soupçon.

Pour la réalisation particulièrement soignée : il faut dire que Stanley Donnen n'était pas vraiment un débutant, puisqu'il avait déjà à son actif "Chantons sous la pluie" ou "Un jour à New-York", deux joyaux de la comédie musicale.

Pour les dialogues, qui sont vifs, irrévérencieux et drôles, et l'intrigue, pleine de rebondissements et vraiment palpitante (Les clins d'oeil à Hitchcock y d'ailleurs sont nombreux), rythmée par une musique résolument jazzy composée par Henry Mancini.

Charade, film dont il est difficile de se lasser, est à classer au registre des comédies policières dans lequel il tient assurément une place de choix !


Anecdotes

Cary Grant n'était pas chaud au départ, pour jouer dans ce film. Un temps, on pensa alors à confier le rôle à Warren Beatty (et à Natalie Wood). Ensuite, après avoir accepté, il était assez réticent à endosser le rôle d'un homme d'âge mûr amoureux d'une femme beaucoup plus jeune que lui : du coup, le script fut modifié pour faire en sorte que ce soit Audrey Hepburn la séductrice (et non Cary Grant) et que la différence d'âge soit un sujet de plaisanterie entre les deux protagonistes.

D'après Audrey Hepburn, la scène où elle fait tomber son cornet de glace sur le costume de son partenaire est directement inspirée d'un vrai dîner, pendant lequel c'est du vin rouge qu'elle renversa sur Cary Grant.

Le film est tombé récemment dans le domaine public, suite à un oubli malencontreux de la part des producteurs d'apposer un copyright sur les copies distribuées.


Une petite citation, pour le plaisir

Reggie Lampert : do you know what's wrong with you ?
Peter Joshua : no, what ?
Reggie Lampert : nothing !



Fiche technique

Charade
1963

Réalisation : Stanley Donnen

Distribution
Audrey Hepburn : Regina "Reggie" Lampert
Cary Grant : Brian Cruikshank, alias Peter Joshua, alias Carson Dyle, alias Alexander Dyle, alias Adam Canfield
Walter Matthau : Carson Dyle, alias Hamilton Bartholomew
George Kennedy : Herman Scobie
James Coburn : Tex Penthollow
Ned Glass : Leopold W. Gideon
Jacques Marin : inspecteur Édouard Grandpierre
Thomas Chelinsky : Jean-Louis Gaudet
Dominique Minot : Sylvie Gaudet

Durée : 113 mn




Rosemary's baby

Le 18 mai 2009 par Lydia M.
Viens voir, viens voir le docteur, non n'aie pas peur...

Rosemary Woodhouse (Mia Farrow) est une femme au foyer comblée, mariée à Guy (John Cassavetes), ambitieux acteur en plein devenir (donc pas très connu). Le jeune couple s'installe dans un appartement de l'immeuble Bramford, dont la réputation est plutôt lugubre... Ils font également connaissance de leurs âgés et envahissants voisins, les Castevet, qui semblent quand même avoir de drôles d'activités nocturnes. Puis, Rosemary va tomber enceinte, dans des circonstances pour le moins étranges...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour se faire peur, vraiment, parce que, ça fout les jetons. Tout fout les jetons, même l'ampoule au-dessus de l'ascenseur a des airs menaçants, même le type qui attend que Rosemary sorte de la cabine téléphonique a l'air d'être un ennemi... L'atmosphère est nauséabonde, tout comme l'odeur repoussante du pendentif soit-disant porte-bonheur, tendue à souhait, la nourriture a l'air infecte (Mousse au chocolat, petits gâteaux, décoctions de plantes, steak balancé dans une poêle, foie cru de poulet... beurk), les couleurs sont hideuses, surtout celles des tenues et du maquillage de Minnie...
Pour assister au dépérissement de Rosemary, qui finit par ressembler à un fantôme, maigre, le teint crayeux, hagarde, elle n'a rien d'une femme enceinte heureuse de l'être.
Elle souffre sans arrêt, sujette à d'horribles et inhumaines douleurs.
Et pendant ce temps, son Guy de mari s'épanouit, s'éclate, domine et contrôle la situation...

Tout l'entourage de Rosemary va profiter de sa fragilité : la pauvre future parturiente va se retrouver isolée, ne sachant plus à qui se fier. Son angoisse profonde, puis sa panique totale, son envie de se sortir de ce traquenard maléfique tiennent assurément en haleine...
Polanski maîtrise totalement son sujet, rendant le tout totalement stressant et obsédant, au point qu'on finisse par y croire dur comme fer à cette histoire de vieux sorciers. Attention, femmes enceintes, s'abstenir !


Anecdotes

Rosemary's baby est le premier film américain de Polanski, très fidèle adaptation du roman éponyme d'Ira Levin, paru en 1967.

Ce film marque la première entrée dans le cinéma américain du mot "shit".

Mia Farrow mange vraiment du foie cru dans la fameuse scène.

L'immeuble où les Woodhouse s'installent, le Bramford building dans le film, est le Dakota Building (devant lequel John Lennon fut assassiné en 1980).

Deux fausses rumeurs ont couru autour de ce film :
- Hitchcock aurait été pressenti pour diriger le film. Il n'en est rien.
- Le fondateur de l'église sataniste, Anton LaVay, aurait été consultant pour ce film. Il n'en est rien non plus...


Une petite citation, pour le plaisir

Guy Woodhouse : what the hell is that ?
Rosemary Woodhouse : I've been to Vidal Sassoon.
Guy Woodhouse : you mean you actually paid for it ?



Fiche technique

Rosemary's baby
1968

Réalisation : Roman Polanski

Distribution
Mia Farrow : Rosemary Woodhouse
John Cassavetes : Guy Woodhouse
Ruth Gordon : Minnie Castevet
Sidney Blackmer : Roman Castevet
Maurice Evans : Hutch
Ralph Bellamy : Dr Saperstein
Angela Dorian : Terry
Charles Grodin : Dr Hill

Durée : 137 mn



Madame porte la culotte

Le 08 mars 2009 par Lydia M.
Du Bo, du Bon, du Bonner

Doris Attinger (Judy Holliday) est jugée pour avoir tiré sur son mari volage (Tom Ewell), pris sur le fait en galante compagnie. L'affaire fait grand bruit et, à son procès, Doris est défendue par Amanda Bonner (Katharine Hepburn)... Face à Amanda, le substitut du procureur n'est autre qu'Adam Bonner (Spencer Tracy), son propre mari...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour le couple Hepburn-Tracy, confondant d'humour et de naturel. Si différents, ils s'accordent tellement bien : leur parfaite complémentarité est ici sublimée et leur complicité évidente.

Au-delà de ce brillant duo d'acteurs, des scènes burlesques (et d'anthologie) du tribunal, des moments d'intimité et de tendre chamaillerie du couple, le film traite de l'égalité entre les hommes et les femmes avec intelligence, subtilité, modernité et efficacité. Amanda Bonner s'efforcera de convaincre un jury (trié sur le volet, et de quelle manière !) que Doris Attinger n'est pas une ménagère hystérique, mais une femme au foyer désespérée, dont le geste est compréhensible, sinon explicable.
Cukor, féministe, mais aussi misogyne, en profite pour mettre en avant deux conceptions du mariage, à travers les traits de caractère des deux personnages principaux, l'une traditionaliste et conservatrice, l'autre nettement plus moderne et libérale.
Comme toujours, le tout est mené de main de maître, même si on pourra reprocher une fin de film très en-deçà du début : une fois le verdict rendu, ça s'essouffle nettement et l'intrigue perd largement de son intérêt.
Mais globalement, le film est un vrai moment de pur plaisir, porté par un merveilleux couple d'acteurs, des dialogues fins et drôles (VOST obligatoire, par pitié ! Et oublions cet affreux titre français !), des seconds rôles excellents (La marque de fabrique de ces comédies américaines), une réalisation aux petits oignons (A noter au passage la beauté des scènes d'intérieur, ainsi que d'assez longs et audacieux plans fixes).


Anecdotes

Il s'agit du 6e film réunissant Hepburn et Tracy, couple légendaire au cinéma et dans la vie : Spencer Tracy, marié et père de plusieurs enfants, tomba amoureux de Katherine Hepburn, mais ne quitta pas son foyer pour autant. Ses origines irlandaises et catholiques dictèrent sa conduite et firent qu'il ne divorça pas de sa femme légitime...

Le scénario du film valut à Cukor sa seule nomination à un Oscar. Ce scénario s'inspira d'ailleurs des péripéties réelles de deux avocats mari et femme, qui, à l'issue d'une affaire de divorce où ils plaidèrent, divorcèrent à leur tour... pour épouser leurs clients respectifs !


Une petite citation, pour le plaisir

Amanda Bonner : and after you shot your husband... how did you feel ?
Doris Attinger : hungry !



Fiche technique

Madame porte la culotte (Adam's rib)
1949

Réalisation : Georges Cukor

Distribution
Spencer Tracy : Adam Bonner
Katharine Hepburn : Amanda Bonner
Judy Holliday : Doris Attinger
Tom Ewell : Warren Francis Attinger
David Wayne : Kip Lurie
Jean Hagen : Beryl Caighn
Hope Emerson : Olympia La Pere
Eve March : Grace
Clarence Kolb : Juge Reiser
Emerson Treacy : Jules Frikke
Polly Moran : Mme McGrath
Will Wright : Juge Marcasson
Elizabeth Flournoy : Dr. Margaret Brodeigh

Durée : 101 mn


Indiscrétions

Le 15 novembre 2008 par Lydia M.
Bourgeois, vous nous cachez la mer !

Tracy Lord (Katharine Hepburn, divorcée depuis deux ans de C.K. Dexter Haven (Cary Grant) est à la veille de son mariage avec Georges, ancien mineur devenu patron d'usine et également ambitieux homme d'affaires.
Dexter, persona non grata au royaume des Lord, continue pourtant d'errer dans les parages et vend un reportage sur ce mariage de la haute-société à un tabloïd, Spy, reportage qui sera réalisé par un journaliste Mike (James Stewart) et une photographe, Liz (Ruth Hossey)...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Parce que c'est LA comédie américaine des années 40 par excellence : casting principal hallucinant (Le trio Hepburn-Grant-Stewart), seconds rôles décoiffants, dialogues aux petits oignons, liberté de ton déconcertante, mise en scène éclatante et sophistiquée... tout y est.

Le film est l'adaptation fidèle d'une pièce de théâtre écrite quasiment spécialement pour Katharine Hepburn, et ça se voit comme le nez au milieu de la figure : elle y est incandescente, tout feu tout flamme, parfois agaçante, en tout cas déterminée et parfaitement organisée... Sa volonté de tout contrôler la rend inhumaine et inaccessible : vestale, déesse, statue de pierre, elle va justement passer une bonne partie du film, poussée par les évènements et les réactions de son entourage (presque tout le monde, en fait), à démontrer qu'elle n'est pas qu'un être sans coeur, qu'un chef de famille incarnant l'ordre établi, mais au contraire, qu'elle est bien humaine et pleine de sensibilité.

La descente du piédestal n'est pas une chute brutale, ni une descente aux enfers : le plaisir, la fantaisie et le rejet des convenances l'emportent finalement, car il s'agit avant tout d'une comédie à la Cukor, utilisant avec bonheur tous les registres comiques (répétition, geste, dialogue). A cet égard, on pourra se délecter de la scène où Tracy, sa mère et sa soeur se caricaturent outrageusement pour renvoyer aux journalistes indésirables l'image qu'ils se font de le très haute société : on parle de futilités en français, on joue du piano en chantant, on se donne en spectacle, on se déplace en chaussons de danse et en tenues froufroutantes...

Le film aborde aussi, à sa façon, les inégalités sociales, ou plus exactement le fossé quasi-infranchissable entre le monde des Lord, grands bourgeois fortunés, et les petites gens, du peuple, qui se battent pour exister... et, avec l'aide d'un fort taux d'alcoolémie qui aura bien délié les langues, tout est bien qui finit bien, chacun retournera à sa place, sans autre forme de procès.


Anecdotes

Katharine Hepburn demanda à la MGM que Clark Gable interprète Dexter et Spencer Tracy jour le rôle de Mike (alors qu'elles ne les avait pas encore rencontrés).Les deux étaient pris, et finalement, Cary Grant et James Stewart furent choisis.

Katharine Hepburn n'est pas doublée lorsqu'elle plonge dans la piscine.

En huit semaines, le film fut dans la boîte et sans qu'aucune scène ne soit à nouveau tournée.

Le film a été couronné de deux Oscars : celui du meilleur scénario adapté pour Donald Ogden Stewart et Waldo Salt (non crédité) d'après la pièce de Philip Barry, et celui du meilleur acteur pour James Stewart.


Une petite citation, pour le plaisir

Macaulay Connor : my father was a history teacher.
Tracy Lord : English history has always fascinated me. Robin Hood, Cromwell, Jack the Ripper. Where did he teach ? Your father I mean.



Fiche technique

Indiscrétions (The Philadelphia story)
1940

Réalisation : George Cukor

Distribution
Cary Grant : C. K. Dexter Haven
Katharine Hepburn : Tracy Samantha Lord
James Stewart : Macaulay Connor
Ruth Hussey : Elizabeth Imbrie
John Howard : George Kittredge
Roland Young : Oncle Willie
John Halliday : Seth Lord
Mary Nash : Margaret Lord
Virginia Weidler : Dinah Lord
Henry Daniell : Sidney Kidd
Lionel Pape : Edward
Rex Evans : Thomas

Durée : 112 mn



Un américain à Paris

Le 15 juin 2008 par Lydia M.
Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ?

Jerry Mulligan (Gene Kelly) est un peintre au talent très très méconnu, Américain de souche, émigré à Paris. Il y mène une vie de bohème, jusqu'à sa rencontre avec Milo (Nina Foch) une riche mécène, américaine elle aussi, qui va décider de lui donner sa chance (et beaucoup plus si affinités, la coquine...). Par hasard, Jerry rencontre Lisa Bouvier (Leslie Caron), dont il devient raide dingue. Mais Lisa n'est théoriquement pas disponible car fiancée à Henri Baurel(Georges Guétary), célébrissime chanteur... Et là, c'est (presque) le drame...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

S'il fallait voir une comédie musicale réalisée par Minnelli, ce pourrait être celle-ci (Encore que j'ai aussi un sacré faible pour "Tous en scène", pur joyau, illuminé par Cyd Charisse).

Pour les décors, un Paris de carte postale, tout en carton pâte, totalement fantasmé, où d'ailleurs les figurants ont pour la plupart l'accent anglais lorsqu'ils causent la France. On retiendra par exemple la leçon d'anglais que Jerry fait aux petits parigots, à leur demande dans un français plus qu'approximatif ("Jerry, parlez anglais à nous !") !

Pour la beauté des couleurs et des costumes, l'hommage aux peintres : mention spéciale à la fresque Toulouse-Lautrec, dont la chorégraphie est splendide.

Pour Leslie Caron, dont on cherche la ressemblance avec un petit animal pendant tout le film : à la fin, on a fait son choix, ce sera le lapin... mais drôlement gracieuse et agile la bestiole.
On peut, certes, trouver Georges Guétary horripilant, mais il a une sacrée patate (et contagieuse) le monsieur !
Quant à Gene Kelly, il est... égal à lui-même, aérien mais costaud, drôle sans en faire des tonnes...

Un Américain à Paris reste un de ces incontournables de la comédie musicale : scénario quand même assez mince (mais franchement, qui s'en soucie ?), prétexte à de somptueux tableaux, qui s'accordent parfaitement avec la partition de Georges Gershwin...Comme dit la chanson, que demander de plus ?!


Anecdotes

Il a fallu un mois pour tourner la dernière séquence dansée (elle dure 17 mn), et cela coûta un demi-million de dollars.

A l'origine, ce fut Cyd Charisse qui devait interpréter Lise Bouvier, mais, enceinte, elle fut finalement remplacée par Leslie Caron, dont c'est d'ailleurs le 1er film.

Un Américain a obtenu six Oscars en 1952, dont celui du meilleur scénario (et oui...), celui du meilleur film et de la meilleure image.


Une petite citation, pour le plaisir

Jerry Mulligan : where is everyone ?
Milo Roberts : here.
Jerry Mulligan : downstairs ?
Milo Roberts : no, here in this room.
Jerry Mulligan : what about that extra girl ?
Milo Roberts : that's me.



Fiche technique

Un américain à Paris (An American in Paris)
1951

Réalisation : Vincente Minnelli

Ditribution
Gene Kelly : Jerry Mulligan
Leslie Caron : Lise Bouvier
Oscar Levant : Adam Cook
Georges Guétary : Henri Baurel
Nina Foch : Milo Roberts

Durée : 113 mn



L'Evadé d'Alcatraz

Le 12 mai 2008 par Lydia M.
Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !

Personne ne s'évade jamais d'Alcatraz ? Personne, c'est vite dit... Impossible est un mot qui ne fait pas partie du vocabulaire de Franck Morris (Clint Eastwood).
Et puis, comme il est un peu bricoleur, ça aide...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour la réalisation, nerveuse, sèche, qui nous plonge dans un univers carcéral glacial et inhumain. L'ambiance est oppressante, étouffante et le suspense à son comble : on frémit à l'idée que le évadés se fassent pincer, on sursaute en même temps qu'eux, on admire leur ingéniosité.

Pour Clint Eastwood, omniprésent, solide comme un roc, déterminé, diablement intelligent, sans être manipulateur. On ne sait pas trop ce qu'il a pu faire pour se retrouver en prison : on sait qu'il s'est évadé à plusieurs reprises, c'est tout. Sa présence n'en est pas moins humaine : on le sent juste rebelle et indomptable, obsédé par son désir d'évasion.
On sent qu'il cherche les failles d'un système écrasant et insupportable... et il finit par les trouver, rognant les murs de sa minuscule cellule au coupe-ongle, profitant de l'effritement de la roche sur laquelle est bâtie la forteresse réputée imprenable.
Les autres acteurs sont excellents aussi : mention spéciale à Patrick McGoohan, qui incarne un ignoble et cruel directeur de prison, dénué de toute humanité.


Anecdotes

Tourné en décors réels, le film raconte comment trois hommes réussissent à s'évader de la prison ultra-sécurisée d'Alcatraz, située sur une île dans la baie de San-Francisco.
Cette évasion qui eut lieu en 1962, fut la seule qui ait jamais réussi, même si on ne sait pas ce que sont devenus les trois hommes (ils sont toujours recherchés par le FBI).

Pendant le tournage, les touristes étaient autorisés à se rendre sur l'île : l'affluence fut telle que la plupart des scènes durent être tournées de nuit.

Ce film marque les débuts au cinéma de l'acteur Danny Glover. A noter bien sûr, la présence pour le moins marquante, de Patrick McGoohan, le fameux numéro 6 de la série culte Le Prisonnier, qui, c'est un comble, incarne cette fois le directeur de la prison.

Les scènes dangereuse d'évasion ont été tournées sans doublure : à deux reprises, le réalisateur Don Siegel crut avoir perdu ses acteurs dans les dangereux courants du Pacifique.


Une petite citation, pour le plaisir

Charley Butts : what kind of childhood did you have?
Frank Morris : short



Fiche technique

L'Evadé d'Alcatraz (Escape from Alcatraz)
1979

Réalisation : Don Siegel

Distribution
Clint Eastwood : Frank Morris
Patrick McGoohan : Warden
Roberts Blossom : Doc
Jack Thibeau : Clarence Anglin
Fred Ward : John Anglin
Paul Benjamin : English
Larry Hankin : Charley Butts
Bruce M. Fischer : Wolf
Frank Ronzio : Litmus
Fred Stuthman : Johnson
David Cryer : Wagner
Madison Arnold : Zimmerman

Durée : 107 mn


La bête humaine

Le 21 avril 2008 par Lydia M.
Et j'entends siffler le train...

Jacques Lantier (Jean Gabin), héritier d'une ancienne lignée de pochtrons, est mécano sur la Lison, imposante locomotive à vapeur qu'il bichonne comme une amoureuse.
En perpétuelle lutte contre des pulsions violentes que seule la Lison semble pouvoir apaiser, il manque d'occire sa cousine Flore.
Puis, il va faire la connaissance de Séverine Roubaud (Simone Simon), la femme du sous-chef de gare au Havre.
Ils vont devenir amants, mais la bête qui sommeille en lui finira par reprendre le dessus...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour se plonger dans l'univers ferroviaire, plein de bruit et de fureur, de fumée et de saleté...d'ailleurs, lorsqu'on conduit un monstre comme la Lison, le fracas est tel qu'on ne se parle pas. Quelques gestes, des sifflements pour s'interpeller... et puis, même une fois descendu du poste de conduite, on cause la plupart du temps boulot...

Pour Jean Gabin, cheminot à la fois touchant et si inquiétant, victime de ses pulsions meurtrières. Héros justicier, il est rongé par la culpabilité, qui se lit dans son regard tellement tragique et désespéré.
Pour tous ces personnages, seuls, fragiles, englués dans leur histoire, broyés par leur destin. Roubaud, sous-chef de gare jaloux et frustré, Séverine, sa femme, qui s'ennuie à mourir dans le petit appartement avec vue sur les voies ferrées, et tous les autres... La dure réalité de leur vie trop simple les rattrape au galop et tout ça finit en tragédie, à laquelle assiste, impuissant Pécqueux, l'ami fidèle et ironique.

Pour la beauté des contrastes, de la photo, de la lumière sur les visages (notamment celui de Jean Gabin et de Simone Simon, inquiétante en femme-enfant aguicheuse et désoeuvrée), qui donnent une dimension supplémentaire à ce très beau poème ferroviaire.


Anecdotes

C'est Jean Gabin, superstar de l'époque, qui demanda à être dirigé par Jean Renoir.

La Bête humaine a reçu, ex-aequo avec Le quai des Brumes, le Prix Méliès 1938.

Pour préparer le tournage, Renoir et Gabin se sont immergés dans le monde des chemins de fer. Le film est réalisé en décors naturels, et les scènes de locomotive ont été tournées en situation.


Une petite citation, pour le plaisir

Jacques Lantier : on va quand même pas tuer ce type !


Fiche technique

La bête humaine
1938
Réalisation : Jean Renoir

Distribution
Jean Gabin : Jacques Lantier
Simone Simon : Séverine Roubaud
Fernand Ledoux : Roubaud
Blanchette Brunoy : Flore
Gérard Landry : Le fils Dauvergne
Jenny Hélia : Philomène
Colette Régis : Victoire Pecqueux
Claire Gérard : Une voyageuse
Charlotte Clasis : Tante Phasie
Jacques Berlioz : Grandmorin
Tony Corteggiani : Dabadie
André Tavernier : Le juge d'instruction
Henry Roussel : Le commissaire Cauche
Marcel Pérès : Un lampiste
Jean Renoir : Cabuche
Julien Carette : Pecqueux

Durée : 98 mn



Les Diaboliques

Le 23 mars 2008 par Lydia M.
Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...

Il ne fait pas bon être mariée à Michel Delasalle (Paul Meurisse), tyrannique directeur d'un pensionnat pour garçons.
C'est pourtant le triste sort de Christina (Véra Clouzot), laquelle est également directrice du pensionnat. Son mari lui fout des coups, lui prend ses sous, la trompe allègrement avec Nicole Horner (Simone Signoret), enseignante au pensionnat.
Les deux femmes ont fini par devenir proches, suffisamment pour que Nicole persuade Christina qu'il est urgent de se débarrasser du sale bonhomme.
Elles ont un plan...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour l'atmosphère des films de Clouzot, sans nulle autre pareille. Méchanceté, indifférence, aigreur, cynisme, du noir, du noir, et encore du noir...
Pour les acteurs, premiers et seconds rôles : de Paul Meurisse, magistral en salaud manipulateur à Noël Roquevert, en voisin irascible (J'ai un vrai faible pour ce genre de second rôle, dans la veine de Julien Carette...), en passant par Simone Signoret, sulfureuse et machiavélique et Véra Clouzot, cardiaque au bout du rouleau... Pas de numéro d'acteur malgré ce casting grand luxe : de la sobriété, et du dépouillement.
Pour l'intrigue, qui malgré sa grande invraisemblance nous tient en haleine jusqu'au bout. L'angoisse et le malaise sont accentués par la mise en scène, la photo et la lumière, d'une beauté glaciale.
Clouzot filme une France lugubre, qui se remet finalement tout juste de la guerre : beaucoup de petites gens, qui vivent bien chichement... seuls les jeunes pensionnaires, que leurs chauffeurs convoient, semblent ignorer les fins de mois difficiles... Agressivité, aigreur, mesquinerie, jalousie, l'humanité dépeinte ici par Clouzot n'a rien de folichon et ne prête pas à la franche rigolade. Qu'importe, les Diaboliques est un beau film, oppressant, qui a assurément marqué son époque.


Anecdotes

Ce film est adapté d'un roman de Boileau-Narcejac, qui pour ceux qui l'ignoreraient n'est pas un écrivain, mais deux, M. Boileau à ma gauche et M. Narcejac à ma droite. D'ailleurs, emballé par le film, Alfred Hitchcock leur demanda un scénario du même acabit : ils pondirent Sueurs froides.

Michel Serrault tient ici son premier rôle. En outre, on compte deux jeunes figurants pour le moins connus : Georges Poujouly (Michel de Jeux interdits) et notre Johnny Hallyday national. A noter aussi, jouant un des élèves, un certain Yves-Marie Maurin, frère de Patrick Devaere.

Un remake fut tourné en 1996, Diabolique (film) avec Isabelle Adjani et Sharon Stone, et fit un vrai bide. Comme quoi, n'adapte pas Boileau-Narcejac qui veut...

Aucune musique pendant le film, exception faite celle des génériques de début et de fin, soit 2 minutes 21 secondes !


Une petite citation, pour le plaisir


M. Drain : je suis peut-être un affreux réactionnaire mais je trouve cette intimité stupéfiante. La femme légitime séchant les larmes de la favorite. Allons. Non, non et non !



Fiche technique

Les Diaboliques
1955

Réalisation : Henri-Georges Clouzot

Distribution
Simone Signoret : Nicole Horner
Véra Clouzot : Christina Delassale
Paul Meurisse : Michel Delassalle
Charles Vanel : Le commissaire Fichet
Pierre Larquey : Monsieur Drain
Michel Serrault : Le surveillant
Jean Brochard : Plantiveau
Noël Roquevert : Herboux
Georges Chamarat : Le médecin
Thérèse Dorny : Mme Herboux
Aminda Montserrat : Mme Plantiveau
Madeleine Suffel : la dégraisseuse
Jean Témerson : le garçon d'hôtel
Jacques Hilling : l'employé de la morgue
Robert Dalban : le garagiste
Jacques Varennes : le professeur
Georges Poujouly : un élève
Yves-Marie Maurin : Le jeune Moynet
Jean Lefebvre : Le 2ème classe
Camille Guérini : le photographe
Henri Coutet : l'employé de la morgue
Henri Humbert : le jeune Patard
Johnny Hallyday : un élève

Durée : 114 mn



Les Trois jours du condor

Le 05 février 2008 par Lydia M.
Et le condor passa...

Joseph Turner (Robert Redford) est payé pour bouquiner. Tout ce qui passe. Mais son patron qui n'est pas fana de littérature, loin de là, n'est pas un patron ordinaire : son boss c'est la CIA. Il dépieute et passe au crible moult romans pour y détecter d'éventuelles fuites et complots en tout genre.
Et ses lectures vont l'amener à mettre à jour un réseau clandestin sur lequel il aurait mieux fait de fermer les yeux...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour le scénario, sacrément bien ficelé, qui nous plonge dans une atmosphère de paranoïa intense, une ambiance post-Watergate qui donne la chair de poule.

Pour les acteurs, des pointures : Robert Redford, en héros incrédule qui veut sauver sa peau tout en faisant éclater la vérité au grand jour, Faye Dunaway, qui se trouve embarquée malgré elle dans de vrais emmerdements, mais qui semble finalement y prendre goût, Max Von Sydow en tueur implacablement professionnel et méthodique...

Pour voir un film d'espionnage, un vrai, sans gadgets (à part quelques très gros ordinateurs et un peu de bidouille sur les fils du téléphone) ni héros bling-bling tombeur de ces dames (même si notre Robert, il emballe vite fait Faye), à l'intensité dramatique très élevée.

Et puis, accessoirement, pour s'acclimater avec un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître): on est en pleines 70's. Ce qui veut dire que les gens peuvent allumer des clopes au restau ou au bureau, tapent sur de drôles de claviers, utilisent des téléphones insensés, ont des ordinateurs géants (et bruyants...), portent des habits vilains, et que la Grosse Pomme arbore fièrement ses Twins towers. La musique (du générique notamment) est également assez affreuse, mais ça donne un charme comme on dit (et puis, il faut voir la typo du générique, plus 70's tu meurs !).


Anecdotes

Le film est l'adaptation du roman presque éponyme de James Grady, "Six days of the condor" (il a perdu 3 jours en passant au cinéma, allez donc savoir pourquoi...).



Une petite citation, pour le plaisir

Joe Turner : listen. I work for the CIA. I am not a spy. I just read books ! We read everything that's published in the world. And we... we feed the plots - dirty tricks, codes - into a computer, and the computer checks against actual CIA plans and operations. I look for leaks, I look for new ideas... We read adventures and novels and journals. I... I... Who'd invent a job like that ?


Fiche technique

Les 3 jours du condor (Three days of the condor)
1975

Réalisation : Sidney Pollack

Distribution
Robert Redford : Joseph Turner / The Condor
Faye Dunaway : Kathy Hale
Cliff Robertson : J. Higgins
Max von Sydow : G. Joubert
John Houseman : Mr. Wabash
Addison Powell : Leonard Atwood
Walter McGinn : Sam Barber
Tina Chen : Janice Chon
Michael Kane : S.W. Wicks

Durée : 117 mn




Le Lauréat

Le 20 janvier 2008 par Lydia M.
And here's to you Mrs Robinson, Jesus loves ou more than you wil know, wo wo wo...

Benjamin Braddock (Dustin Hoffman), fraîchement et brillamment diplômé, retourne chez ses parents du côté de Los Angeles pour les vacances.
Il s'emmerde ferme. Le désoeuvrement le conduit à fréquenter secrètement mais assidument Mrs Robinson (Anne Bancroft), la femme de l'associé de son père.
Les parents de Benjamin voyant leur rejeton glander toute la journée (et sortir toute la nuit, mais ils ne savent pas où...) lui mettent la pression pour qu'ii invite Elaine (Katharine Ross) à sortir. Il finit par s'exécuter, à contre-coeur, mais tombe amoureux d'Elaine... et c'est là que ça se corse...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Benjamin Braddock vit dans un milieu on ne peut plus conformiste, celui des classes aisées blanches de l'Amérique de la fin des années 60, dans une société déchirée entre libération sexuelle et puritanisme exacerbé.
Du coup, ses parents lui laissent vivre sa vie, mais rêvent qu'il se trouve quand même une gentille petite à marier.
Dustin Hoffman, qui avait 30 ans à l'époque (et en paraît vraiment 10 de moins) incarne à la perfection ce jeune héros anti-conformiste, tellement mal à l'aise parfois qu'il en émet des petits sons aigus, des petites plaintes gutturales lorsqu'il est face à Mrs. Robinson (dont on ne connaît pas le prénom, comme tous les personnages plus âgés du film d'ailleurs, ce qui accentue un peu plus le gap générationnel...).
Il morfle le petit Ben, ne se sent jamais à sa place, où qu'il soit, n'arrivant pas à se faire entendre par des gens, qui de toutes façons n'écoutent rien... Seule la présence d'Elaine (Katharine Ross, somptueuse et lumineuse) le rassure un peu...

Le montage est excellent, tout comme les acteurs, et la bande-son n'est pas mal non plus, sauf si on est irrémédiablement allergique à Simon et Garfunkel.
A l'époque le film choqua paraît-il, car décrivant les amours adultères d'une femme mûre et d'un homme jeune, mais plut aussi beaucoup.
Il ne choque plus aujourd'hui, mais reste fascinant, prenant, original. Et en plus de tout, ça finit vachement bien.


Anecdotes

Pas mal d'acteurs et d'actrices furent pressentis pour jouer dans le film, dont Ava Gardner et Judy Garland pour Mrs. Robinson, ou encore Ronald Reagan pour Mr. Braddock.

Anne Bancroft et Dustin Hoffman sont sensés avoir 20 ans d'écart : en réalité, ils ont seulement 6 ans de différence d'âge.

La fameuse jambe féminine de la photo de l'affiche n'appartient pas à Anne Bancroft, mais à linda Gray, alors inconnue au bataillon, mais qui incarnera plus tard Sue Ellen, dans Dallas.

La chanson "Mrs. Robinson" n'a pas été écrite spécialement pour le film : elle existait avant et s'appelait alors "Mrs Roosevelt" (et causait d'Eleanor Roosevelt).


Une petite citation, pour le plaisir

Benjamin : listen to me. What happened between Mrs. Robinson and me was nothing. It didn't mean anything. We might just as well have been shaking hands.
Mr.Robinson : shaking hands? Well, that's not saying much for my wife, is it?



Fiche technique

Le Lauréat (The Graduate)
1967
Réalisation : Mike Nichols

Distribution :
Dustin Hoffman : Benjamin Braddock
Anne Bancroft : Mrs. Robinson
Katharine Ross : Elaine Robinson
William Daniels : Mr. Braddock
Murray Hamilton : Mr. Robinson

Durée : 105 mn


West Side Story

Le 16 décembre 2007 par Lydia M.
Mais que fait la police ?

A la fin des années 50 dans l'Upper West Side, quartier pas très très huppé de Manhattan, deux bandes de djeuns se disputent le territoire : à ma gauche les Jets, d'origine irlandaise, italienne et polonaise. A ma droite, les rivaux : les Sharks, Portoricains (et fiers de l'être).
Et quelle mouche va donc piquer Tony, ancien chef des Jets, en pleine rédemption (par le travail) qui ne va rien trouver de mieux à faire que de tomber amoureux de Maria, fraîchement débarquée de son île ?


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour Natalie Wood, lumineuse, ingénue, assez nunuche sur les bords, mais pleine de grâce, et tellement touchante (et puis personnellement, je suis fan de son accent espagnol et de ses jupons froufroutants...).
Pour Georges Chakiris, qui se la pète pas mal en portoricain (qu'il n'est pas) mais qui danse drôlement bien (même s'il transpire sous les bras).
Pour quelques acteurs qu'on retrouvera avec délectation bien des années plus tard dans la version TV (l'originale, donc) de Twin Peaks.

Pour la musique de Bernstein, les chorégraphies de Jerome Robbins et pour la mise en scène, parfois à couper le souffle de Robert Wise.
West Side Story n'est assurément pas dans la lignée des comédies musicales des décennies précédentes.
Exit les bluettes sucrées et la légèreté, et bonjour le réalisme et la violence : on plonge dans un quartier miteux, on traverse des parkings mal éclairés, on cotoye la misère sociale... le sujet ne prête pas à la franche rigolade, et la tension est forte, jusqu'au tragique dénouement final : le tout a un peu vieilli, mais ce serait dommage de se priver d'une oeuvre pareille.


Anecdotes

Le film a reçu 10 oscars, rien que ça.

A l'origine, c'était Elvis Presley qui devait incarner Tony. De plus, le script original décrivait une histoire d'amour contrariée entre un gars catholique qui tombait amoureux d'une juive, et se déroulait dans l'East Side. Le film se serait appelé "East Side Story".

Les séquences d'ouverture ont été filmées sur l'actuel emplacement du Lincoln Center, juste avant que les immeubles anciens ne soient démolis. D'ailleurs, la démolition fut retardée, le temps que les scènes soient dans la boîte.


Une petite citation, pour le plaisir

Lieutenant Schrank : all right, wise guys. Now you listen to me. All of ya! You hoodlums don't own these streets. And I've had all the roughhouse I'm gonna put up with around here! You wanna kill each other, kill each other! But you ain't gonna do it on my beat. Are there any questions?
Bernardo : yes sir. Would you mind translating that into Spanish?



Fiche technique

West Side Story (1961)
Réalisation : Jerome Robbins et Robert Wise

Distribution
Natalie Wood : Maria
Richard Beymer : Tony
Russ Tamblyn : Riff
Rita Moreno : Anita
George Chakiris : Bernardo
Suzie Kaye : Rosalia
Simon Oakland : Lieutenant Schrank
Ned Glass : Doc
William Bramley : Officer Krupke
Tucker Smith : Ice
Tony Mordente : Action
José De Vega : Chino
Yvonne Wilder : Consuelo
Joanne Miya : Francisca

Durée : 146 mn



Quai des brumes

Le 11 novembre 2007 par Lydia M.
Pas de dissipation des brouillards matinaux...

Jean (Jean Gabin), soldat de la Coloniale se retrouve au Havre. On comprend vite qu'il cherche à fuir, hanté par ses souvenirs de guerre au Tonkin. Il va croiser sur son chemin des gens (et un chien collant) plus ou moins recommandables...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour se rendre compte que ce film ne se résume pas à sa réplique culte (le fameux, "t'as de beaux yeaux, tu sais"), loin de là. On peut légitimement le trouver beaucoup trop noir et carrément désespérant. Et dès les premiers plans, dès les premiers mots échangés au compte-gouttes entre Jean, taciturne, solitaire, désabusé (mais d'une humanité si touchante) et le chauffeur du camion, on sent bien que ce film ne sera que malheur, un malheur épais, glacial et inéluctable.

Pour la brochette d'acteurs, des premiers aux seconds rôles... des gueules qu'on oublie pas, des regards perdus dans le vide : tous ont un point commun, ils attendent la mort ou vont même à sa rencontre. Aucune issue heureuse à l'horizon, semble-t-il et tout le monde s'y résigner.

Pour l'atmosphère lugubre, mélancolique mais tellement poétique : pavés mouillés, réverbères faiblards, docks déserts, paquebots mugissants, ajoutent une couche supplémentaire au malheur et à la solitude des coeurs et des âmes.


Anecdotes

Jean Gabin, très impressionné par Drôle de drame, qu'il avait vu au cinéma en 1937, demanda à son agent de contacter Marcel Carné, qui avait alors 29 ans et était un quasi-inconnu. Gabin demanda à Carné s'il avait un sujet à lui proposer et sans se démonter, le jeune réalisateur proposa d'adapter Quai des Brumes, roman de Mac Orlan.

Pierre Brasseur se prend une vraie paire de claques par Jean Gabin, qui lui en voulait particulièrement pour avoir critiqué Michèle Morgan sur le tournage.


Une petite citation, pour le plaisir

Zabel : qu'est-ce qu'ils ont tous à parler d'amour, est-ce qu'il y a quelqu'un qui m'aime, moi ?


Fiche technique

Quai des brumes
1938
Réalisation : Marcel Carné

Distribution
Jean Gabin : Jean, le déserteur
Michèle Morgan : Nelly, la jeune fille sous tutelle
Michel Simon : Zabel, le tuteur de Nelly
Pierre Brasseur : Lucien Le Gardier, chef de bande
Édouard Delmont : Panama, le patron de l'auberge
Aimos : Quart-Vittel
Robert Le Vigan : Michel Krauss, le peintre
René Génin : Docteur Mollet
Marcel Pérès : Le chauffeur du camion
Jenny Burnay : Une fille, amie de Lucien
Roger Legris : Le garçon d'hôtel
Claude Walter : "L'orphelin"
Raphaël : Bébé, le deuxième complice

Durée : 91 mn



Le ciel peut attendre

Le 30 octobre 2007 par Lydia M.
L'enfer, c'est les autres ?

Henry Van Cleve (Don Ameche) vient de rendre son dernier soupir : persuadé qu'il est voué aux flammes de l'enfer, il descend directement voir son Excellence le diable (Laird Cregar, très smart, hein, le diable, un super jeu de sourcils et une barbichette taillée au petit poil...) pour qu'il l'expédie fissa encore plus bas. Le maître des lieux n'a cependant pas eu le temps d'étudier le dossier du candidat et lui demande de lui raconter son histoire...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour une galerie de personnages hauts en couleurs et pas piqués des vers : mère et grand-mère omniprésentes et hystériques, trucculent grand-père, père à la fois à cheval sur les conventions mais compréhensif, en passant par une hallucinante et délurée employée de maison française (Signe Hasso, parlant français avec un accent suédois à couper au couteau), cousin qui réussit sauf sa vie amoureuse, domestiques ayant la langue bien pendue...

Pour voir un film avec Gene Tierney, si on en n'a jamais vu avant, même si ce n'est certainement pas son plus beau rôle (On la préfèrera, plus sombre et mystérieuse, en Mme Muir ou en Laura).

Pour s'acclimater avec Lubitsch, si on ne connaît pas, si on n'aime pas trop le noir et blanc (pourquoi pas ?!), et si on n'a pas vu les films majeurs (et quand même assez incontournables) que sont To be or not to be, The shop around the corner ou encore Ninotchka.
Et au bout du compte, Lubitsch, on ne s'en lasse pas, quand bien même celui-ci n'atteint pas la virtuosité des autres. Le charme, l'humour, la légèreté y sont, alors s'il s'agit au fond d'un film sur la difficulté de vivre, le dilemme permanent entre le désir de rentrer dans le rang et la soif de liberté...


Anecdotes

Dernier film de Lubitsch, tourné entièrement en Technicolor (et ça se voit !). A noter à la toute fin du générique, une pub pour promouvoir l'achat des "bons de guerre", destinés à soutenir l'effort de guerre de l'administration de Roosevelt.

Ce film ne doit pas (absolument pas !) être confondu avec celui réalisé et interprété par Warren Beatty, lequel date de 1978 et n'est en rien un remake de celui de Lubitsch (ouais, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, même si personnellement, je n'ai rien contre Warren Beatty).

Iron Maiden, groupe de heavy metal a composé en 1986 une chanson intitulée "Heaven Can Wait" en hommage au film.


Une petite citation, pour le plaisir

Henry Van Cleve : Martha if I hadn't met you I'd hate to think where I'd be now.
Martha : Probably outside some stage door. Or even in the dressing room.



Fiche technique

Le ciel peut attendre (Heaven can wait)
1943
Réalisation : Ernst Lubitsch

Distribution :
Gene Tierney : Martha
Don Ameche : Henry Van Cleve
Charles Coburn : Hugo Van Cleve
Marjorie Main : Mrs. Strabel
Laird Cregar : « Son Excellence » le Diable
Spring Byington : Bertha Van Cleve
Allyn Joslyn : Albert Van Cleve
Eugene Pallette : E.F. Strabel
Signe Hasso : Mademoiselle
Louis Calhern : Randolph Van Cleve

Durée : 148 mn


Hôtel du Nord

Le 26 septembre 2007 par Lydia M.
Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

Le long du Canal Saint-Martin à Paris, rendez-vous à l'Hôtel du Nord, patrons et clients sont réunis à table pour fêter une communion.
Entrent Pierre (Jean-Pierre Aumont) et Renée (Anabella), deux jeunes amoureux tristes à pleurer, qui viennent y louer une chambre pour se suicider.
Leur voisin de chambre est un certain M. Edmond (Louis Jouvet) a fui son milieu et habite avec Mme Raymonde (Arletty)...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour deux acteurs monumentaux qui se font face, s'affrontent, se défient : à ma gauche, Arletty (Raymonde), gouailleuse et agitée, à ma droite, Louis Jouvet (Edmond ou Robert) stoïque et sombre... et ils n'en font même pas des tonnes, bien que les répliques fusent, avec un accent parigot à couper au couteau.
Et il n'y a pas que M. Edmond et Mme Raymonde : tous les autres acteurs sont magnifiques, du couple de patrons de l'hôtel, en passant par l'éclusier donneur de sang (et cocu) et bien sûr le couple suicidaire et désespéré qui vient tenter de finir ses jours à l'Hôtel (même si on peut le trouver un rien culcul-la praline et grandiloquent).

Pour la mélancolie lancinante, l'intensité mélodramatique et le pessimisme ambiants, parfois entrecoupés de toutes petites lueurs d'espoir, de bonne humeur et d'insouciance (mais la noirceur revient toujours au triple galop...).

Pour la poésie ambiante, la lumière superbe, et les décors, magnifique reconstitution des bords du Canal Saint-Martin.
Et aussi pour cette fameuse atmosphère, celle de juste avant le chaos de la Seconde guerre mondiale, immortalisée à jamais par le maître Carné...


Anecdotes

La quai-totalité du film a été tournée aux studios de Billancourt où l'hôtel du Nord et le canal Saint-Martin ont entièrement été reconstitués par Alexandre Trauner.

François Périer tient dans ce film son premier rôle au cinéma. Il avait 19 ans.


Une petite citation, pour le plaisir

Raymonde : pourquoi qu'on part pas pour Toulon ? Tu t'incrustes, tu t'incrustes. Ça finira par faire du vilain.
Edmond : et après ?
Raymonde : oh, t'as pas toujours été aussi fatalitaire...
Edmond : ... fataliste.
Raymonde : si tu veux, le résultat est le même. On n'est pas heureux tous les deux ?
Edmond : nan.
Raymonde : t'en es sûr ?
Edmond : oui.
Raymonde : t'aimes pas not' vie ?
Edmond : tu l'aimes, toi, not' vie ?
Raymonde : faut bien, je m'y suis habituée. Parfait, on se dispute mais au lit on s'explique et sur l'oreiller on s'comprend. Alors ?



Fiche technique

Hôtel du Nord
1938
Réalisation : Marcel Carné

Distribution
Annabella : Renée, la fiancée de Pierre
Arletty : Mme Raymonde, la prostituée
Louis Jouvet : M. Edmond, le protecteur de Mme Raymonde
Jean-Pierre Aumont : Pierre, le fiancé de Renée
André Brunot : Émile Lecouvreur, le patron de l'hôtel
Jane Marken : Louise Lecouvreur, la patronne de l'hôtel
Paulette Dubost : Ginette Trimaux, la femme de Prosper
Bernard Blier : Prosper Trimaux, éclusier et donneur de sang
François Périer : Adrien, un client de l'hôtel
Henri Bosc : Nazarède, un truand qui recherche M. Edmond
Marcel André : le chirurgien
Raymone : Jeanne, la femme de ménage
Génia Vaury : L'infirmière
Andrex : Kenel, un habitué de l'hôtel
René Bergeron : Maltaverne, le gendarme
Jacques Louvigny : Munar, un habitué de l'hôtel

Durée : 95 mn


Le dernier métro

Le 02 août 2007 par Lydia M.
Bon alors, l'amour, en définitive, c'est une joie ou une souffrance ?

Paris 1942. Lucas Steiner (Heinz Bennent) le directeur du théâtre Montmartre a dû quitter la France (mais en fait pas vraiment), et c'est sa femme, Marion (Catherine Deneuve) qui assure l'intérim d'une main de fer. Une étrange pièce norvégienne (mais en fait pas vraiment ?), la Disparue, est mise en scène par Jean-Loup Cottins (Jean Poiret) sous nos yeux. Tout le joyeux (mais en fait pas vraiment) petit monde du théâtre s'y attelle avec passion.


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour prendre un cours de chignons compliqués en regardant les coiffures de Catherine Deneuve, savants assemblages capillaires dont on se demande comment ils peuvent tenir sur la tête sans s'effondrer... mais Catherine Deneuve incarne aussi Marion à la perfection, radieuse, énergique, sérieuse, féminine et secrète (et en plus, on comprend tout ce qu'elle dit).
Pour voir un film (le seul ?) dans lequel Gérard Depardieu n'en fait pas des tonnes (pour un peu, on pourrait même aller jusqu'à affirmer que c'est son meilleur rôle...).
Pour tous ces seconds rôles, pléthore d'excellents acteurs qui campent des personnages parfois complexes, en tout cas souvent forts en gueule, mystérieux, voire ambigüs. Tout ce petit monde se cotoye, se trahit (un peu), s'engueule, sympathise, s'aime...

Pour l'ambiance sinistre de Paris sous l'Occupation : c'est un peu comme si on feuilletait un album plein de photos jaunies... pas de couleurs vives, du sépia, du rouge passé, du gris poussiéreux, quelques touches de couleur au détour d'une rue (un soldat qui peint le Sacré-Coeur, le petit garçon aux cheveux roux flamboyants qui arrose consciencieusement ses plants de tabac...). C'est la pénombre qui domine, pendant une bonnne partie du film, où les scènes de jour se comptent presque sur les doigts de la main, accentuant ainsi l'impression d'être en période de guerre. Du coup, qui dit pénombre, dit jeux d'ombres et de lumière, et somptueux gros plans sur les visages, celui de Catherine Deneuve notamment.

Le Dernier métro reprend des thèmes chers à Truffaut, illusion et faux-semblants, tortueux destins amoureux, déjà abordés dans Jules et Jim (une femme et deux hommes) et dans la Nuit américaine (l'oscillation entre la fiction et la réalité, le spectacle dans le spectacle), dans un contexte différent, dramatique et sombre.
Et donne l'occasion d'entendre la version originale de "Mon amant de Saint-Jean" chantée par Lucienne Delyle pour ceux qui ne connaîtraient que la reprise pâlichonne de Patriiiick Bruel.


Anecdotes

C'est François Truffaut qui donna à Sabine Haudepin son premier rôle au cinéma, 18 ans auparavant dans Jules et Jim.

Dans une des scènes de la cave, on aperçoit un technicien preneur de son dans un coin (pas bien caché, donc...).


Une petite citation, pour le plaisir

Lucas : dites-moi, elle est belle, ma femme ?... Je vais vous poser une question, Bernard, elle, elle est amoureuse de vous, mais vous, est-ce que vous l'aimez ?


Fiche technique

Le Dernier Métro
1980
Réalisation : François Truffaut

Distribution
Catherine Deneuve : Marion Steiner
Gérard Depardieu : Bernard Granger
Heinz Bennent : Lucas Steiner
Jean Poiret : Jean-Loup Cottins
Andréa Ferréol : Arlette Guillaume
Paulette Dubost : Germaine Fabre
Sabine Haudepin : Nadine Marsac
Jean-Louis Richard : Daxiat
Maurice Risch : Raymond Boursier
Richard Bohringer : le gestapiste
László Szabó : Lieutenant Bergen

Durée : 130 mn




Les enchaînés

Le 19 juin 2007 par Lydia M.
Et un petit café, un !

Alicia Huberman (Ingrid Bergman) a une hérédité sacrément chargée : son père est un espion allemand, condamné à vingt ans de prison au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Pour tout dire, les nazis, Alicia, elle s'en cogne : elle est un genre de Paris Hilton de la côte Est. Elle enchaîne les conquêtes presque aussi vite que les margharitas.
Les services secrets, par l'entremise de T.R. Devlin (Cary Grant) la contactent pour une mission au Brésil, qu'elle accepte, bien que pas spécialement patriote : là-bas, elle doit infiltrer une bande d'ex-nazis, dont le chef est Alexander Sebastian (Claude Rains)...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Tout a été dit, ou presque sur ce film brillamment ficelé : couple mythique, superbe photo, scénario au poil...
N'empêche, c'est vrai qu'Ingrid Bergmann a un côté fascinant, incarnant un genre de Mata-Hari en désintoxication (et aussi un peu sur le chemin de la rédemption) et ce bien qu'elle porte des chapeaux et des coiffures ridicules, il faut l'admettre.
Qu'importe, elle attire le regard et la lumière et les gros plans sur son visage sont somptueux, traduisant sa grande vulnérabilité.
Et puis Cary Grant n'est pas mal non plus, dans le genre ténébreux, espion imperturbable et toujours professionnel, un rien guindé dans son costume, mais aussi drôlement amoureux, prêt à tout pour sauver la peau de sa belle.
L'un et l'autre passent une bonne partie du film à s'attendre, à se mettre à l'épreuve, tous deux souhaitant ardemment que l'autre bouge d'un millimètre, voire laisse transparaître un peu d'émotion...
Bien sûr, il y a aussi ce trèèèèèèèèès long baiser, qu'il a fallu entrecouper de dialogues pour ne pas subir la censure et être accusé d'obscénité.
Il y a aussi d'extraordinaires et sophistiqués mouvements de caméra, qui alternent avec des plans fixes, tout simples pour faire passer les dialogues au premier plan. Hitchcock excelle dans ce genre d'exercice, on est pas maître du suspense pour rien.
Et, last but not least, n'oublions pas la galerie de portraits des méchants, une meute de gars aux gueules patibulaires ainsi qu'une belle-mère drôlement possessive et jalouse (qui fume au lit).


Anecdotes

Le producteur David O. Selznick voulait Vivien Leigh pour jouer le rôle d'Alicia. Ce fut finalement Ingrid Bergman.

Claude Rains qui n'était pas très grand, joua plusieurs scènes perché sur une boîte, pour dépasser Ingrid Bergmann. D'ailleurs, il a également l'air aussi grand que Cary Grant, qui faisait à peu près 20 cm de plus que lui.

Hitchcock apparaît furtivement à la 60ème minute du film, pendant la réception chez les Sebastian.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Alicia : why should I ?
Devlin : patriotism.
Alicia : that word gives me a pain.



Fiche technique
Les enchaînés (Notorious)
1946

Réalisation : Alfred Hitchcock

Distribution
Ingrid Bergman : Alicia Huberman
Cary Grant : T.R. Devlin
Claude Rains : Alexander Sebastian
Louis Calhern : Paul Prescott
Leopoldine Konstantin : la mère de Sebastian
Reinhold Schünzel : Dr. Anderson
Moroni Olsen : Walter Beardsley
Ivan Triesault : Eric Mathis

Durée : 101 mn



La nuit américaine

Le 10 juin 2007 par Lydia M.
Et ta mère, elle est magique ?

"Je vous présente Paméla" est tourné aux studios de la Victorine à Nice, réalisé par Ferrand (François Truffaut), (plus ou moins) épaulé par toute une équipe d'acteurs et de techniciens...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour comprendre que tourner un film, c'est une sacrée paire de manches : entre les pépins techniques, les coups de gueule du producteur et les états d'âme d'acteurs aux égos surdimensionnés et/ou ayant une propension à biberonner dès le petit déjeuner, il faut s'accrocher.
C'est d'ailleurs ce que fait le réalisateur, Ferrand (François Truffaut), qui y croit, tout simplement parce que comme il le dit à Alphonse (Jean-Pierre Léaud) sans son travail, sans le cinéma, il n'est rien.
D'ailleurs, le cinéma est en lui et vient hanter ses rêves chaque nuit...

Les actrices sont lumineuses, fragiles, conquérantes (et totalement barrées pour certaines)... tout ça à la fois... D'ailleurs, Nathalie Baye y fait une de ses premières apparitions à l'écran : toute jeunette et affublée de grosses binocles, elle lance un défi, et pas des moindres à Bernard Menez (et oui...), accessoiriste un peu bricoleur, un genre de Géo Trouvetout (sans bec).
Pour s'acclimater au cinéma de la Nouvelle vague, on peut commencer par celui-là, très accessible, filmé presque comme un documentaire, avec réalisme, grande simplicité et pas mal de fraîcheur.

N'y allons pas par quatre chemins, on peut d'emblée détester ou adorer : la voix-off un peu monocorde du réalisateur, les obsessions du jeune premier, Alphonse, qui souffre de ne pas être aimé ou pas comme il voudrait, les angoisses existentielles des uns et des autres, peuvent fasciner ou irriter. On peut aussi être dérouté par cette splendide mise en abyme (le film dans le film) et par ce mélange entre la vie réelle et les rôles des acteurs... quoi qu'il arrive, la Nuit américaine ne laisse pas indifférent...


Anecdotes

le titre du film fait référence à une technique cinématographique, qui consiste à filmer des séquences de jour alors qu'elles sont censées se dérouler la nuit, ce grâce à l'ajout d'un filtre et/ou à une sous-exposition.

La scène où le chat vient boire le lait du plateau de petit-déjeuner est inspirée de "la Peau douce", autre film de Truffaut, datant de 1964.

Lorsque Ferrand reçoit l'appel de Georges Delerue (le compositeur de la BO de "Je vous présente Paméla" et de "la Nuit américaine" !), la musique qu'il lui fait écouter par téléphone est celle de Deux anglaises et le continent, autre film de Truffaut tourné en 1971.

Séverine (Valentina Cortesa)utilise des sortes d'antisèches, avec les dialogues écrits dessus, qu'on lui colle ça et là sur les murs. Ca ne marche pas très bien. Mais François Truffaut utilisa avec succès ce petit truc lorsqu'il joua dans "Rencontres du 3ème type", car il avait du mal à mémoriser ses répliques en anglais.


Une petite citation, pour le plaisir

Bertrand : Vous savez, pour gagner de l'argent de nos jours, il faut être dans l'immobilier, pas dans le cinéma !


Joëlle : mais moi pour un film je pourrais quitter un type, mais pour un type je pourrais jamais quitter un film !



Fiche technique
La nuit américaine
1973

Réalisation : François Truffaut

Distribution
Jacqueline Bisset : Julie
Jean-Pierre Léaud : Alphonse
Jean-Pierre Aumont : Alexandre
Valentina Cortese : Séverine
François Truffaut : Ferrand
Dani : Liliane
Alexandra Stewart : Stacey
Nathalie Baye : Joëlle
Jean Champion : Bertrand
Nike Arrighi : Odile
David Markham : le docteur Nelson
Bernard Menez : Bernard (l'accessoiriste)
Jean-François Stévenin : Jean-François (1er assistant réalisateur)
Xavier Saint-Macary : Xavier

Durée : 112 mn


Manhattan

Le 30 mai 2007 par Lydia M.
New-York, New-Yoooooork, tatatadada, tatatadada...

Isaac Davis (Woody Allen) écrit des sketches comiques pour la télévision. En vrai, il voudrait écrire un roman, mais n'y arrive pas. Gravement flippé, désabusé, il est aussi deux fois divorcé, Jill (Meryl Streep) sa dernière femme l'ayant d'ailleurs quitté pour une femme, ce qui n'arrange rien, surtout qu'elle est sur le point de publier le récit de son mariage raté avec Isaac.
Il a une petite copine de 17 ans (bientôt 18 !), Tracy (Mariel Hemingway) et quelques amis, dont Yale (Michael Murphy) mari presque fidèle pendant des lustres, mais qui vient de rencontrer Mary (Diane Keaton) avec laquelle ça semble sérieux.
Mais le hic, c'est qu'Isaac aussi, tombe amoureux de Mary...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour le noir et blanc, sublime, qui magnifie la Grosse Pomme, la rendant encore plus désirable et vertigineuse.
Hommage vibrant s'il en est, à la ville qui ne dort jamais, déclaration d'amour à la vie à la mort à cette ville insaisissable, multiformes, changeante, inaccessible, le film s'ouvre sur une succession de vues de New-York, un genre de kaléidoscope sans couleurs, sur fond musical et avec la voix off d'Isaac-Woody, qui jette les premières lignes de son roman. Impossible pour Isaac de dire d'une seule manière, pourquoi et à quel point cette ville lui colle tant à la peau, de la portraitiser. Il l'aime à peu près autant qu'elle lui file entre les doigts.
Impossible aussi de savoir vraiment qui est qui : on navigue entre fiction et réalité, la marotte de Woody Allen, avec d'omniprésentes références à sa vie personnelle...

Pour la photo et la lumière, magnifiques, les jeux d'ombres chinoises, les visages filmés souvent en gros plan, empreints de douceur, de gravité, parfois aussi de souffrance qui affleure derrière les sourires.

Pour le portrait au vitriol de ces cercles d'intellos new-yorkais, bavards, snobs, prétentieux, centrés sur eux-mêmes, solitaires, immatures, et fondamentalement malheureux. On nage en pleine névrose, on baigne dans la psychanalyse, on cotoie aussi une humanité en dérive affective.

Pour les dialogues subtilement drôles, dont chacun reste un bijou de cynisme et d'humour purement « allennien ».
S'il ne fallait en voir qu'un seul, ce serait celui-là, sans aucune hésitation !


Anecdotes

Woody Allen sortait à l'époque avec une jeune femme, Stacey Nelkin, qui fréquentait la High School New York's Stuyvesant, et lui inspira le personnage de Tracy.

Le film a entièrement été tourné en décors naturels, extérieurs comme intérieurs. D'ailleurs, il se termine sur la vue d'une enseigne au néon, Elaine's, un des lieux de prédilection du réalisateur.

Pour élargir la perspective sur la ville, le film a été tourné en Cinémascope (format 2:35).


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Isaac Davis : I think people should mate for life, like pigeons or Catholics.


Mary Wilke : I guess I should straighten my life out, huh ? I mean, Donnie my analyst is always telling me...
Isaac Davis : you call your analyst Donnie ?
Mary Wilke : yeah, I call him Donnie.
Isaac Davis : Donnie, your analyst ? I call mine Dr.Chomsky, y'know, he hits me with a ruler.


Tracy : not everybody gets corrupted. You have to have a little faith in people.



Fiche technique
Manhattan
1979
Réalisation : Woody Allen

Distribution
Woody Allen : Isaac Davis
Diane Keaton : Mary Wilkie
Michael Murphy :Yale
Mariel Hemingway: Tracy
Meryl Streep : Jill
Anne Byrne : Emily
Karen Ludwig : Connie
Michael O'Donoghue : Dennis

Durée : 96 mn



La fureur de vivre

Le 15 mai 2007 par Lydia M.
Papa, tu me fous grave la teuhon avec ton tablier de gonzesse !

La famille Stark au grand complet - mère hystérique et omniprésente, père lâche et démissionnaire, perfide belle-maman et Jim (James Dean) le fils, solitaire et rebelle - débarque dans une nouvelle ville, bien décidée à y rester cette fois-ci.
Jim lie d'amitié avec Platon (Sal Mineo) quasi-orphelin élevé par une nourrice, et Judy (Natalie Wood), sa voisine dont les relations avec ses géniteurs ne sont pas des plus sereines.
Jim tente de se faire accepter par la redoutable bande de djeuns menée par Buzz, en se bagarrant au couteau à la sortie du planétarium (tar'ta gueule à la récré ?) puis acceptant son défi de s'affronter lors d'une imbécile et dangereuse course de voitures en haut d'une falaise...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

On a beau le tourner dans tous les sens, trouver que ça a drôlement vieilli, que ces jeunes n'ont pas l'air bien jeunes et qu'ils feraient piètre figure à côté des délinquants d'aujourd'hui, et bien, quand même, c'est un sacré film sur la rupture, l'impossible dialogue entre générations, la complexité des rapports paternels...
On aurait tort de ne retenir de ce film que la scène de la baston au couteau ou de la course de voitures, ou même la seule image de James Dean en blouson rouge sur son t-shirt blanc : tout au long du film, Jim se cherche désespérément un père, qu'il ne trouve pas.
En revanche, Jim devient quasiment chef d'une famille virtuelle et recomposée, faisant de Judy sa femme et adoptant dans le même temps Platon, paumé parmi les paumés, lui aussi en quête d'amour paternel.

Peu de scènes de jour : du coup la noirceur, les ombres, les magnifiques clairs-obscurs du planétarium rendent l'émotion encore plus forte, et tendent peut-être à aggraver encore la désolation du tragique tableau final.
Tout semble en effet rentrer dans l'ordre, mais à quel prix ?!


Anecdotes

A l'origine, la production pensait à Marlon Brando pour le rôle principal : finalement, Elia Kazan, qui venait de finir A l'Est d'Eden recommanda James Dean à Nicholas Ray pour incarner Jim Stark. A cet égard, Stark est l'anagramme de Trask, personnage que jouait James Dean dans A l'Est d'Eden.

Lorsque le film est sorti sur les écrans, James Dean était mort depuis un mois : d'ailleurs, il tourna dans seulement trois longs-métrages, les deux autres étant A l'Est d'Eden et Géant (tourné l'année de sa mort et qui sortira lui, un an après).

Denis Hopper fait dans ce film plus qu'une apparition, en jouant Goon, l'un des gars de la bande de Buzz.

La fameuse scène du combat au couteau a été réalisée avec de vraies armes blanches, pas du plastoc ou du fer blanc, du vrai qui coupe : il paraît qu'ils portaient un cotte de maille sous leurs manches pour se protéger.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Jim Stark : I don't know what to do anymore. Except maybe die.


Fiche technique
La fureur de vivre (Rebel without a cause)
1955
Réalisation : Nicholas Ray

Distribution
James Dean : Jim Stark
Natalie Wood : Judy
Jim Backus : le père de Jim
Ann Doran : la mère de Jim
Sal Mineo : Platon
Corey Allen : Buzz
Dennis Hopper : Goon
Rochelle Hudson : la mère de Judy
William Hopper : le père de Judy
Virginia Brissac : la grand-mère de Jim
Nick Adams : Moose
Jack Simmons : Cookie

Durée : 107 mn



L'inconnu du Nord-Express

Le 07 mai 2007 par Lydia M.
Oups, mince alors, j'ai fait tomber mon briquet !

Guy Haines (Farley Granger), un champion de tennis bien propre sur lui rencontre un type dans un train, Bruno Anthony (Robert Walker). Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que le type en question, psychopathe sur les bords, lui propose un lugubre marché : un échange de meurtres se résumant à "j'bute ta gonzesse qui t'encombre et tu me débarrasses de mon vieux que j'abhorre" !
Le tennisman ne prend pas cette proposition au sérieux.
Pourtant sa femme Miriam va être étranglée peu de temps après.
Les ennuis de Guy vont commencer...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Tous les Hitchcock ne se valent pas, assurément : mais celui-ci, un poil moins connu que certains autres mérite une (ou même plusieurs) vision(s) attentive(s).
Pour sa lumière et ses superbes scènes nocturnes, qu'il s'agisse de la ville, éclairée à la lumière des réverbères, ou de la fête foraine, presque trop gaie pour être fréquentable...
Pour son casting, rassemblant des acteurs qui, sans être des superstars, incarnent à la perfection leurs personnages : qu'il s'agisse de Farley Granger avec sa tête d'ange brun, de jeune premier, pas exempt d'ambiguïtés, mais finalement assez courageux, en tout cas suffisamment pour sauver sa peau, ou de Robert Walker, oisif, névrosé jusqu'au trognon, sacrément psychopathe, implacablement méchant mais au bout du compte assez attachant. Une mention spéciale à Patricia Hitchcock, petite soeur binoclarde, dévouée, intelligente et intransigeante, à la langue drôlement bien pendue.
Pour ses scènes d'anthologie, son rythme endiablé et son suspense haletant : les paires de pieds qui se rencontrent au début dans le train, le meurtre se reflétant dans les lunettes tombées par terre, le match de tennis qui n'en finit pas, pendant que le briquet tombe dans une bouche d'égout, la scène finale avec la bagarre sur un manège qui s'est emballé.



Anecdotes

Pour la scène où Bruno farfouille pour récupérer le fameux briquet, c'est Hitchcock en personne qui a choisi les détritus qui jonchent le sol.
Le film est adapté d'un roman de Patricia Highsmith, dont Hitchcock acheta les droits anonymement pour en faire baisser le prix : il put ainsi les acquérir pour 7500 dollars, soit pas grand chose, paraît-il.
La scène où le type rampe sous le manège pour aller le stopper ne fut pas truquée : Hitchcock estima que cette cascade fut la plus risquée de toute sa carrière de réalisateur.
Quand le film fut distribué en Allemagne en 1952, certaines séquences jugées cruelles et violents, furent coupées (5 mn environ) : plus tard, ces scènes furent restaurées dans la version télévisée et sous-titrées, alors que le reste du film était doublé.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Senator Morton : poor unfortunate girl.
Barbara Morton : she was a tramp.
Senator Morton : she was a human being. Let me remind you that even the most unworthy of us has a right to life and the pursuit of happiness.
Barbara Morton : from what I hear she pursued it in all directions.



Fiche technique

L'inconnu du Nord-Express (Strangers on a train)
1951

Réalisation : Alfred Hitchcock
Distribution
Farley Granger : Guy Haines
Ruth Roman : Anne Morton
Robert Walker : Bruno Antony
Marion Lorne : Madame Antony
Leo G. Carroll : le sénateur Morton
Patricia Hitchcock : Barbara Morton
Jonathan Hale : Mr. Antony
Laura Elliott : Miriam Joyce Haines
Howard Saint-John : le capitaine Turley
Norma Varden : Mrs. Cunningham
John Brown : le professeur Collins
Robert Gist : Leslie Hennessy

Durée : 100 mn




Film-a-voir.com est édité par 404 Création