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Le dernier métro

Posté le 02 août 2007 à 11:10 par Lydia M.
Bon alors, l'amour, en définitive, c'est une joie ou une souffrance ?

Paris 1942. Lucas Steiner (Heinz Bennent) le directeur du théâtre Montmartre a dû quitter la France (mais en fait pas vraiment), et c'est sa femme, Marion (Catherine Deneuve) qui assure l'intérim d'une main de fer. Une étrange pièce norvégienne (mais en fait pas vraiment ?), la Disparue, est mise en scène par Jean-Loup Cottins (Jean Poiret) sous nos yeux. Tout le joyeux (mais en fait pas vraiment) petit monde du théâtre s'y attelle avec passion.


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour prendre un cours de chignons compliqués en regardant les coiffures de Catherine Deneuve, savants assemblages capillaires dont on se demande comment ils peuvent tenir sur la tête sans s'effondrer... mais Catherine Deneuve incarne aussi Marion à la perfection, radieuse, énergique, sérieuse, féminine et secrète (et en plus, on comprend tout ce qu'elle dit).
Pour voir un film (le seul ?) dans lequel Gérard Depardieu n'en fait pas des tonnes (pour un peu, on pourrait même aller jusqu'à affirmer que c'est son meilleur rôle...).
Pour tous ces seconds rôles, pléthore d'excellents acteurs qui campent des personnages parfois complexes, en tout cas souvent forts en gueule, mystérieux, voire ambigüs. Tout ce petit monde se cotoye, se trahit (un peu), s'engueule, sympathise, s'aime...

Pour l'ambiance sinistre de Paris sous l'Occupation : c'est un peu comme si on feuilletait un album plein de photos jaunies... pas de couleurs vives, du sépia, du rouge passé, du gris poussiéreux, quelques touches de couleur au détour d'une rue (un soldat qui peint le Sacré-Coeur, le petit garçon aux cheveux roux flamboyants qui arrose consciencieusement ses plants de tabac...). C'est la pénombre qui domine, pendant une bonnne partie du film, où les scènes de jour se comptent presque sur les doigts de la main, accentuant ainsi l'impression d'être en période de guerre. Du coup, qui dit pénombre, dit jeux d'ombres et de lumière, et somptueux gros plans sur les visages, celui de Catherine Deneuve notamment.

Le Dernier métro reprend des thèmes chers à Truffaut, illusion et faux-semblants, tortueux destins amoureux, déjà abordés dans Jules et Jim (une femme et deux hommes) et dans la Nuit américaine (l'oscillation entre la fiction et la réalité, le spectacle dans le spectacle), dans un contexte différent, dramatique et sombre.
Et donne l'occasion d'entendre la version originale de "Mon amant de Saint-Jean" chantée par Lucienne Delyle pour ceux qui ne connaîtraient que la reprise pâlichonne de Patriiiick Bruel.


Anecdotes

C'est François Truffaut qui donna à Sabine Haudepin son premier rôle au cinéma, 18 ans auparavant dans Jules et Jim.

Dans une des scènes de la cave, on aperçoit un technicien preneur de son dans un coin (pas bien caché, donc...).


Une petite citation, pour le plaisir

Lucas : dites-moi, elle est belle, ma femme ?... Je vais vous poser une question, Bernard, elle, elle est amoureuse de vous, mais vous, est-ce que vous l'aimez ?


Fiche technique

Le Dernier Métro
1980
Réalisation : François Truffaut

Distribution
Catherine Deneuve : Marion Steiner
Gérard Depardieu : Bernard Granger
Heinz Bennent : Lucas Steiner
Jean Poiret : Jean-Loup Cottins
Andréa Ferréol : Arlette Guillaume
Paulette Dubost : Germaine Fabre
Sabine Haudepin : Nadine Marsac
Jean-Louis Richard : Daxiat
Maurice Risch : Raymond Boursier
Richard Bohringer : le gestapiste
László Szabó : Lieutenant Bergen

Durée : 130 mn





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