L'enfer, c'est les autres ?Henry Van Cleve (Don Ameche) vient de rendre son dernier soupir : persuadé qu'il est voué aux flammes de l'enfer, il descend directement voir son Excellence le diable (Laird Cregar, très smart, hein, le diable, un super jeu de sourcils et une barbichette taillée au petit poil...) pour qu'il l'expédie fissa encore plus bas. Le maître des lieux n'a cependant pas eu le temps d'étudier le dossier du candidat et lui demande de lui raconter son histoire...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?Pour une galerie de personnages hauts en couleurs et pas piqués des vers : mère et grand-mère omniprésentes et hystériques, trucculent grand-père, père à la fois à cheval sur les conventions mais compréhensif, en passant par une hallucinante et délurée employée de maison française (Signe Hasso, parlant français avec un accent suédois à couper au couteau), cousin qui réussit sauf sa vie amoureuse, domestiques ayant la langue bien pendue...
Pour voir un film avec Gene Tierney, si on en n'a jamais vu avant, même si ce n'est certainement pas son plus beau rôle (On la préfèrera, plus sombre et mystérieuse, en Mme Muir ou en Laura).

Pour s'acclimater avec Lubitsch, si on ne connaît pas, si on n'aime pas trop le noir et blanc (pourquoi pas ?!), et si on n'a pas vu les films majeurs (et quand même assez incontournables) que sont To be or not to be,
The shop around the corner ou encore Ninotchka.
Et au bout du compte, Lubitsch, on ne s'en lasse pas, quand bien même celui-ci n'atteint pas la virtuosité des autres. Le charme, l'humour, la légèreté y sont, alors s'il s'agit au fond d'un film sur la difficulté de vivre, le dilemme permanent entre le désir de rentrer dans le rang et la soif de liberté...
AnecdotesDernier film de Lubitsch, tourné entièrement en Technicolor (et ça se voit !). A noter à la toute fin du générique, une pub pour promouvoir l'achat des "bons de guerre", destinés à soutenir l'effort de guerre de l'administration de Roosevelt.
Ce film ne doit pas (absolument pas !) être confondu avec celui réalisé et interprété par Warren Beatty, lequel date de 1978 et n'est en rien un remake de celui de Lubitsch (ouais, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, même si personnellement, je n'ai rien contre Warren Beatty).
Iron Maiden, groupe de heavy metal a composé en 1986 une chanson intitulée "Heaven Can Wait" en hommage au film.
Une petite citation, pour le plaisirHenry Van Cleve : Martha if I hadn't met you I'd hate to think where I'd be now.
Martha : Probably outside some stage door. Or even in the dressing room.Fiche techniqueLe ciel peut attendre (Heaven can wait)
1943
Réalisation : Ernst Lubitsch
Distribution :
Gene Tierney : Martha
Don Ameche : Henry Van Cleve
Charles Coburn : Hugo Van Cleve
Marjorie Main : Mrs. Strabel
Laird Cregar : « Son Excellence » le Diable
Spring Byington : Bertha Van Cleve
Allyn Joslyn : Albert Van Cleve
Eugene Pallette : E.F. Strabel
Signe Hasso : Mademoiselle
Louis Calhern : Randolph Van Cleve
Durée : 148 mn