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La vie est belle

Posté le 23 février 2007 à 20:36 par Lydia M.
Si tu ne crois pas au Père Noël, essaie les anges pour voir...

Veille de Noël 1945, Bedford Falls, un trou paumé que personne ne connaît. Toute la ville (ou presque) prie pour George Bailey, qui semble être dans une sacrée panade.
Les prières sont exaucées puisqu'on lui envoie un ange gardien. Enfin, pas un vrai ange-gardien tout équipé, non, non : c'est Clarence Oddbody, ancien horloger et ange de seconde classe de son état, qui est choisi. S'il fait ses preuves en sauvant George, alors, cette fois, il les aura ses ailes, et pour de bond.

Clarence doit d'abord savoir qui est George : donc, on repart du début. On comprend que son truc au petit George, c'est de devenir explorateur, mais aussi de faire le bien autour de lui, et ce naturellement, sans réfléchir.
De fil en aiguille, d'imprévus en imprévus, tout le ramène sans cesse à Bedford Falls. En fait, les autres partent, et lui, reste, succédant à son père à la tête d'une banque plutôt philantropique, et se cognant la difficile relation avec M. Potter, avide et machiavélique homme d'affaires...
Clarence va devoir convaincre George que sa vie n'est pas qu'une succession ininterrompue d'échecs, et que justement la vie, sa vie, ben, elle est vachement belle...



Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Parce qu'on passe sans cesse du rire aux larmes, de l'ombre à la lumière. Alors, oui, il y a des côtés nunuches, des scènes qui font pleurer à gros bouillons, mais aussi des moments de franche rigolade.
Parce que James Stewart, en George Bailey qui se sacrifie pendant toute sa vie pour les autres, est incroyable de subtilité et de nuances (et ce, bien qu'il chante comme une casserole et danse avec une attendrissante gaucherie).
De la sensiblerie peut-être (et encore, faut voir), mais pas de mièvrerie, ni de de bons sentiments qui débordent, contrairement aux apparences : car il y a aussi dans tout ça un évident côté tragique, une vraie noirceur. On se prend à s'interroger sur sa propre vie, son oeuvre et tout et tout...
Finalement, cette histoire d'ange un peu niais, dont on se demande même s'il n'est pas carrément neuneu est juste grandiose, servie par des répliques qui fusent à la vitesse de l'éclair et des seconds rôles, enfants compris, magistraux.



Anecdotes

Le corbeau s'appelle Jimmy : il apparaît dans tous les films de Capra.

Exit les chutes de neige en corn-flakes peints en blanc : Capra trouvait ce procédé couramment utilisé jusqu'alors trop bruyant (c'est vrai que des milliers de pétales de maïs qui tombent par terre, ça peut faire du boucan)et décida d'utiliser de la neige carbonique. Il en utilisa des caisses pour ce film et cette nouvelle technique fut d'ailleurs primée aux Oscars.

La ville de Bedford Falls est l'un des plus grands décors construits en studio : 75 boutiques, immeubles et maisons, plusieurs quartiers, une rue principale de 275 mètres de long, le tout couvrant une surface de 16 000 mètres carrés !



Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Man on Porch: Why don't you kiss her instead of talking her to death?
George Bailey: You want me to kiss her, huh?
Man on Porch: Ah, youth is wasted on the wrong people !



Fiche technique

La Vie est belle (It's A Wonderful Life)
1946
Réalisation : Frank Capra
Distribution :
James Stewart : George Bailey
Donna Reed : Mary Hatch Bailey
Lionel Barrymore : Mr Potter
Thomas Mitchell : Uncle Billy
Henry Travers : Clarence
Beulah Bondi : Ma Bailey
Ward Bond : Officer Bert
Gloria Grahame : Violet Bick

Durée : 130 mn


La mort aux trousses

Posté le 15 février 2007 à 10:02 par Lydia M.
Toi aussi, escalade le Mont-Rushmore en chaussures de ville

Roger Thornhill (Cary Grant) est un publicitaire surbooké et accessoirement affublé d'une mère un rien envahissante. Il est pris à tort par des vilains tout bizarres pour un certain George Kaplan, dont on découvrira rapidement qu'il est agent secret.
A partir de ce qu'on pourrait croire n'être qu'un banal quiproquo, les péripéties vont se succéder, et la vie de Roger va devenir on ne peut plus trépidante... Il va croiser sur son chemin et plusieurs fois, le chef des méchants, Phillip Vandamm (James Mason), qui n'est pas de la famille ni de Jean-Luc, ni de José, d'ailleurs, ça ne s'écrit pas pareil, une femme fatale, Eve Kendall, incarnée par Eva Marie-Saint, qui a de la suite dans les idées, surtout quand elle prend le train, ainsi que des agents du contre-espionnage américain, et des policiers, qui l'accusent de meurtre...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Parce que déjouer un complot international en costard cravate, c'est quand même la classe absolue.
Séducteur, insouciant et léger, Roger Thornhill devient un homme méfiant et sur ses gardes, limite parano... et en plus, personne ne le croit lorsqu'il essaie de raconter ce qui lui arrive. Seul contre tous, malgré sa naïveté, il finit par se rendre compte qu'il ne pourra compter que sur lui-même. La transformation du personnage sans être radicale, est assez nette. Finalement, toutes ses aventures seraient une sorte de rite de passage ?

Pour la scène avec l'avion qui surgit de nulle part, et ne sulfate rien dans un coin désert et poussiéreux : zéro dialogue, zéro musique, seulement le bruit entêtant du moteur. L'ambiance est tendue à souhait
Pour bien comprendre ce qu'est un fondu-enchaîné réussi : dans le film, il y en a deux, de très grande facture.
Pour éviter d'aller au Mont-Rushmore : celui du film, tout en carton pâte, est drôlement chouette aussi.
Parce que finalement, c'est l'amour qui triomphe quand même, après des trahisons à gogo...


Anecdotes

Martin Landau, qui joue un des méchants, n'est autre que le Commandant John Koenig de la série TV Cosmos 1999 : il porte d'ailleurs aussi bien le costume que le pyjama de l'espace.
Il paraît que Cary Grant, comme Roger Thornill, avait du mal à comprendre ce qui lui arrivait et qu'il s'était ému de la complexité du scénario auprès d'Hitchcock !
Le siège de l'ONU est entièrement et minutieusement reconstitué à partir de photos, Hitchcock n'ayant pas obtenu les autorisations de filmer : un plan a tout de même été chopé en douce.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Roger Thornhill : "Now you listen to me, I'm an advertising man, not a red herring. I've got a job, a secretary, a mother, two ex-wives and several bartenders that depend upon me, and I don't intend to disappoint them all by getting myself "slightly" killed."


Fiche technique

La mort aux trousses (North by Northwest)
1959
Réalisation : Alfred Hitchcock
Distribution :
Cary Grant : Roger O. Thornhill/George Kaplan
Eva Marie Saint : Eve Kendall
James Mason : Phillip Vandamm
Jessie Royce Landis : Clara Thornhill
Leo G. Carroll : le professeur
Josephine Hutchinson : Mrs Townsend
Philip Ober : Lester Townsend
Martin Landau : Leonard
Durée : 136 mn


La nuit du chasseur

Posté le 07 février 2007 à 20:15 par Lydia M.
Où il n'est pas question de lapin, encore que...

Harry Powell (Robert Mitchum), méchant criminel sans aucun scrupule et spécialisé dans l'assassinat de veuves, a passé quelques années en prison : son compagnon de cellule, un certain Ben Harper (pas le chanteur, mais un gars interprété par Peter Graves, le chef des fortiches dans Mission impossible) qui parle en dormant, a souvent évoqué dans son sommeil un conséquent tas de brozoufs, qu'il aurait soigneusement dissimulé. Il sera pendu haut et court sans avoir révélé au vil Harry son secret.
Ledit Harry, à sa sortie de taule n'a qu'une idée en tête : retrouver le grisbi (et le toucher, tant qu'à faire).
Soit dit en passant, le blé est planqué dans la poupée de Pearl, l'un des deux enfants de Ben Harper. L'autre enfant est un garçon, John, à qui Ben a confié son lourd secret juste avant de se faire arrêter, faisant dans le même temps jurer à son fiston qu'il s'occuperait de sa pitite soeur.
Ca, Powell ne le sait pas, mais se faisant passer pour un prêcheur, il gouroutise la veuve Harper, Willa, un peu gourdasse mais pas méchante, la rend un rien plus joyeuse, pas très longtemps, puisqu'il l'occit de coups de couteau, avant de balancer son corps dans les profondeurs herbeuses du Missisipi.
Et après, commence la traque infernale des enfants orphelins...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

La nuit du chasseurParce que Robert Mitchum est redoutable en pasteur psychopathe aux mains tatouées ! Il incarne le mal à la perfection ! Ogre, Barbe-bleue, il terrorise les enfants sans vergogne aucune...
Parce que Lilian Gish est somptueuse en bonne fée, mais elle manie aussi très bien le fusil de chasse, tout en chantant des cantiques ("Leaning on the everlasting arms").
Parce que l'affrontement du bien et du mal, grâce à ces deux acteurs hors normes, est grandiose.
Parce que la photo et la lumière enveloppent le tout d'une grande poésie. Il y a de la magie là-dedans, de l'onirisme.
Et pourtant, c'est cauchemardesque et stressant, inquiétant et noir. L'atmosphère est glauque à souhait.
Tout ça en fait un film inclassable, à mi-chemin entre le conte fantastique, le récit d'aventures, à voir et à revoir, sans modération (et en version originale, par pitié !).


Anecdotes

A sa sortie, le film fit un bide retentissant.
Il s'agit là de l'unique réalisation de Charles Laughton, acteur anglais, qui joua entre autres, dans l'Auberge de la Jamaïque, réalisé par Hitchcock.
Ce film a fait l'objet d'un remake en 1991, pour la télévision, et pas bien (donc ne perdez pas votre temps à regarder cette daube, concentrez-vous sur l'essentiel), réalisé par David Green et interprété par Richard Chamberlain (misère...).

Il paraît que le plan où on voit le prêtre en ombre chinoise a été tourné dans une fausse perspective, à l'aide d'un petit poney (quand on y pense, c'est ridicule !).
Charles Laughton ne pouvant pas blairer les enfants (un genre d'allergie ?), il a confié à Robert Mitchum la supervision des scènes avec eux (du genre, vas-y, steuplé, fais-le, ces deux là, chpeu pas les encaisser...).


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

"Ah, little lad, you're staring at my fingers. Would you like me to tell you the little story of right-hand/left-hand? The story of good and evil? H-A-T-E! It was with this left hand that old brother Cain struck the blow that laid his brother low. L-O-V-E! You see these fingers, dear hearts ? These fingers has veins that run straight to the soul of man. The right hand, friends, the hand of love. Now watch, and I'll show you the story of life. Those fingers, dear hearts, is always a-warring and a-tugging, one agin t'other. Now watch 'em! Old brother left hand, left hand he's a fighting, and it looks like love's a goner. But wait a minute! Hot dog, love's a winning! Yessirree! It's love that's won, and old left hand hate is down for the count!"


Fiche technique
La nuit du chasseur (The night of the hunter)
1955
Réalisation : Charles Laughton
Distribution :
Robert MITCHUM (Harry Powell)
Lilian GISH (Rachel Cooper)
Shelley WINTERS (Willa Harper)
Billy CHAPIN (John)
Sally Jane BRUCE (Pearl)
James GLEASON (Birdie)
Evelyn VARDEN (Icey Spoon)
Don BEDDOE (Walt Spoon)
Peter GRAVES (Ben Harper)
Durée : 89 mn



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