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Cabaret

Posté le 27 avril 2007 à 20:53 par Lydia M.
Ich bin ein Berliner ?!

1930. Brian Roberts débarque de son Angleterre natale dans un Berlin en voie de désintégration. Il y fait la connaissance de Sally Bowles, une américaine ô combien délurée, qui chante et danse au Kit Kat Club -entre autres activités épanouissantes-, sous la houlette du déjanté Maître de cérémonies. Pendant ce temps, Brian donne des leçons d'anglais et poursuit son apprentissage du germain.
Sally et Brian deviennent amis et plus si affinités, font la connaissance de divers énergumènes, plus ou moins louches, plus ou moins honnêtes, dont Max, un playboy fortuné, qui les séduit tous les deux et les plante là, après leur avoir fait entrevoir monts et merveilles.
Sally, enceinte d'elle ne sait pas qui (et nous non plus d'ailleurs), pourrait partir vivre tranquillement à Cambridge sur le campus, avec Brian, qui lui propose aussi de se marier... bof... cette perspective ne l'enchante guère, elle qui aspire à devenir une actrice, et grande tant qu'à faire...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Flm musical s'il en est, Cabaret se voit. Et se revoit.
Pour les numéros et les chansons, qu'on se chante ensuite, des airs presque entêtants.
Mais pas que.
Cabaret est aussi un film d'ambiance, qui se déroule dans une ville en pleine déliquescence. Certes, il s'agit du décor, de la toile de fond, mais ce Berlin au bord du gouffre s'insinue souvent sur le devant de la scène, et vampirise les personnages. Il imprime sa sombre marque dans les numéros du Kit Kat Club.
Bien que le film soit musical, il est curieusement et paradoxalement ponctué de scènes de chuchotements, voire de silences, comme par exemple celle, très jolie, d'un baiser léger et assez chaste de Sally et Brian, en gros plan, de profil et tête bêche.
La violence est omniprésente et filmée sans concession, toujours sur fond musical, que ce soit quand le patron du club se fait tabasser à mort par des nazis vengeurs, ou cette fête champêtre qui se transforme en rassemblement nationaliste : un chant, assez suave et innocent au début, tourne ensuite à l'aigre, la haine se lisant sur les visages de (presque) tous ceux qui sont là et reprennent en choeur le refrain avec conviction.

Décadence, cynisme, désespoir, mélancolie...
Peu de lumière au bout du compte pour tous ces paumés fragiles et tordus, avec cette fin qui laisse entrevoir une suite tragique, un cataclysme.
Un film musical dans un contexte de chaos à venir : il fallait oser quand même...
Bob Fosse l'a fait, épaulé par un casting grand luxe.
Alors, oui, "Wilkommen, Bienvenue, Welcome", entrez au cabaret, que le spectacle commence, et qu'il continue !


Anecdotes

8 Oscars, rien que ça, ont récompensé ce film : meilleure actrice pour Liza Minnelli, meilleur second rôle masculin pour Joel Grey, meilleure mise en scène pour Bob Fosse. Les décors, la photographie, le montage, le son et la musique ont reçu également chacun un Oscar.

C'est Liza Minnelli en personne qui conçu sa coiffure et son maquillage, avec l'aide de son célbressime père, Vincente, est-il besoin de le présenter.

Gene Kelly et Billy Wilder déclinèrent la proposition de réaliser le film, que Bob Fosse lui, accepta.

Dans la version "originale", celle qui fut jouée au théâtre à Broadway, l'écrivain est américain et la chanteuse anglaise.

Au début du film, une étrange et inquiétante femme fumant une cigarette apparaît furtivement assise au fond du Cabaret : elle est inspirée d'un tableau expressionniste allemand de Otto Dix, le Portrait de Sylvia von Harden.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Sally : I suppose you're wondering what I'm doing, working at a place like the Kit Kat Club.
Brian Roberts : well, it is a rather unusual place.
Sally : that's me, darling. Unusual places, unusual love affairs. I am a most strange and extraordinary person.



Fiche technique

Cabaret
1972

Réalisation (et chorégraphie) : Bob Fosse
Distribution
Liza Minnelli : Sally Bowles
Michael York : Brian Roberts
Helmut Griem : Maximilian von Heune
Marisa Berenson : Natalia Landauer
Fritz Wepper : Fritz Wendel
Joel Grey : Le maître de cérémonie
Helen Vita : Fraulein Kost
Ralf Wolter : Herr Ludwig
Gerd Vespermann : Bobby
Sigrid Von Richtofen : Fraulein Maur
Elisabeth Neumann-Viertel : Fraulein Schneider
Georg Hartmann : Willi

Durée : 124 mn



La nuit de l'iguane

Posté le 19 avril 2007 à 23:38 par Lydia M.
Ouhlala, quelle touffeur !

Quand un pasteur alcoolique défroqué se reconvertit (...), que peut-il bien faire de sa nouvelle vie ?
Guide touristique !
C'est la voie, presque impénétrable, qu'a suivie Larry Shannon. Il chapeaute ainsi des américaines assez vieilles et très névrosées en mal d'aventures dans un Mexique junglesque, moite et surchauffé.
Sur son chemin, il va ainsi faire la connaissance d'une nymphette aguicheuse, chaperonnée par une bigotte hystérique, probablement jalouse de ne pas être l'objet de la drague intempestive du bonhomme, d'une femme fatale en diable et d'une artiste bohème...
Ambiance, ambiance...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Adapté d'une pièce de Tennesse Williams, ce film n'est pas des plus légers, loin s'en faut... tension, moiteur, frustrations, rancoeurs, jalousie... l'atmosphère est étouffante, pesante, entêtante, envoûtante, glauque.
Les acteurs sont des bêtes de scène, des monstres sacrés : ça plaît ou ça insupporte car on peut n'y voir que sur-jeu hystérique, mais ce qui est sûr, c'est que ça ne laisse pas indifférent. Richard Burton a l'air d'un vrai cinglé, suant l'alcool par tous ses pores, débordant de cynisme et de désespoir... Ava Gardner, qui prend des bains de minuit avec des gars musculeux, campe une espèce de bête indomptable...

C'est un rien lourdingue, Tennessee Williams n'ayant jamais prétendu faire dans la dentelle. Mais ça tient plus que la route.

Echec, alcool et petites pépées... tous les démons du prêtre décati se succèdent et s'entremêlent pour le ramener sans cesse à son destin miteux... mais le prêtre n'est pas le seul a être hanté : chacun y va de ses angoisses, trimballant son lot de casseroles, plus ou moins avouables.
Moderne et résolument anticonformiste, il faut le voir pour s'imprégner de ce quasi-huis clos tropical et angoissant. Et puis ne serait-ce aussi que pour le lieu où il fut tourné, Puerto Vallarta, devenu depuis une station balnéaire réputée de la côte Pacifique du Mexique.


Anecdotes

Les acteurs ne se supportaient pas : toutes ces fortes personnalités ont passé le plus clair du temps du tournage à se mettre sur la figure. D'ailleurs, au début du tournage, John Huston remit à chaque acteur un flingue en or, avec 5 balles gravées du nom de chacun d'entre eux.

Ava Gardner changea de son propre chef une de ses répliques : "In a pig's eye, you are !", devint ainsi "In a pig's ass, you are !", à la grande satisfaction du réalisateur et de toute l'équipe.

Ces messieurs-dames furent bien gourmands : presque la moitié du budget de production du film fut consacrée aux cachets, faramineux des trois têtes d'affiche.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, z'avez qu'à traduire)

Hannah Jelkes : there are worse things than chastity, Mr. Shannon.
Lawrence Shannon : yes : lunacy and death !



Fiche technique

La nuit de l'iguane (the Night of the Iguana) 1964
Réalisation : John Huston
Distribution
Richard Burton : Le révérend T. Lawrence Shannon
Ava Gardner : Maxine Faulk
Deborah Kerr : Hannah Jelkes
Sue Lyon : Charlotte Goodall
James Ward : Hank Prosner
Mary Boylan : Miss Peebles
Skip Ward : Hank Prosner
Grayson Hall : Judith Fellowes
Cyril Delevanti : Nonno
Gladys Hill : Mlle Dexter

Durée : 116 mn



La prisonnière du désert

Posté le 02 avril 2007 à 23:32 par Lydia M.
Pan, pan, t'es mort !

Tout commence au Texas en 1868.
Le ranch d'Aaron Edwards est pris d'assaut par des Comanches pas très gentils.
Aaron, sa femme et son fils se font occire, mais Lucy et Debbie les deux filles disparaissent. Ethan, un dur de dur, le frère d'Aaron part à leur recherche flanqué de Martin Pawler et de Brad Jorgensen. Le cas de Lucy est rapidement élucidé, puisqu'ils retrouvent son cadavre dans un canyon. Debbie, quant à elle ne sera retrouvée que bien plus tard, devenue une vraie squaw (ou presque).


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Parce qu'un petit western en technicolor, ça ne peut faire de mal à personne ! Et oui, car tous les ingrédients du western authentique y sont : cow-boys pas spécialement débonnaires, cavalerie, bastons en tout genre, indiens patibulaires avec leurs trucs en plume, femmes un rien hystériques, mais qui ne rechignent pas à la tâche...

Ethan, solidement campé par John Wayne, est un personnage ambigü, un vrai guerrier, un gars qui en a vu des vertes et des pas mûres, et qui a également trempé dans des trucs louches. Il a sûrement tué des gens pour pas grand-chose. Il est aussi misanthrope et raciste : les indiens lui sortent littéralement par les yeux. Au point d'en déshériter dans un premier temps sa nièce lorsqu'il découvre ce que les Comanches en ont fait...Et puis il connaît (temporairement ?) la rédemption en ramenant sa nièce saine et sauve, alors que son premier réflexe avait été une furieuse envie de la buter froidement (car assimilée Comanche).

La vision des Indiens n'est pas flatteuse : Ford les filme comme des guerriers rusés, cruels et (quasiment) sans pitié. Bref, des brutes sanguinaires à qui il est hors de question de se fier, et dont il faut se débarrasser sans façons.

Il faut tenir jusqu'au bout, ce qui n'est pas difficile, car il n'y a pas de longueur dans le film, ne serait-ce que pour voir le superbe plan de la fin avec la porte qui se referme sur John Wayne, qui tourne le dos à la caméra. Mercenaire errant, il repart, on ne sait pas trop où...

Et puis franchement, ça donnerait presque envie d'aller camper au bord de l'eau à Monument Valley !


Anecdotes

A l'instar de la Petite maison dans la prairie, c'est un fait réel qui inspira le scénario : une petite fille, kidnappée en 1836 au Texas par des Comanches, devint femme de chef, fut retrouvée bien des années après son enlèvement et ramenée de force dans sa famille.

C'est Lana Wood, la soeur de Natalie Wood dans la vraie vie, qui incarnait Debbie Edwards jeune. Natalie Wood joua elle, la Debbie de la fin, celle qu'Ethan ramène chez les siens.

Le gars qui joue le tout jeune Lieutenant Greenhill n'est autre que Patrick Wayne, le fils de John !


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, z'avez qu'à traduire)

Ethan : What you saw wasn't Lucy.
Brad : But it was, I tell you!
Ethan : What you saw was a buck wearin' Lucy's dress. I found Lucy back in the canyon. Wrapped her in my coat, buried her with my own hands. I thought it best to keep it from ya.
Brad : Did they...? Was she...?
Ethan : What do you want me to do? Draw you a picture? Spell it out? Don't ever ask me! Long as you live, don't ever ask me more.



Fiche technique

La prisonnière du désert (The Searchers)

Réalisation : John Ford
1956
Distribution
John Wayne : Ethan Edwards
Jeffrey Hunter : Martin Pawley
Vera Miles : Laurie Jorgensen
Ward Bond : le capitaine révérend Samuel Clayton
Natalie Wood : Debbie Edwards
John Qualen : Lars Jorgensen
Olive Golden (aka Olive Carey) : Mrs. Jorgensen
Harry Carey Jr : Brad Jorgensen
Henry Brandon : le chef Scar
Ken Curtis : Charlie McCorry
Antonio Moreno : Emilio Figueroa
Hank Worden : Mose Harper
Lana Wood : Debbie enfant

Durée : 119 mn




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