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Manhattan

Posté le 30 mai 2007 à 15:37 par Lydia M.
New-York, New-Yoooooork, tatatadada, tatatadada...

Isaac Davis (Woody Allen) écrit des sketches comiques pour la télévision. En vrai, il voudrait écrire un roman, mais n'y arrive pas. Gravement flippé, désabusé, il est aussi deux fois divorcé, Jill (Meryl Streep) sa dernière femme l'ayant d'ailleurs quitté pour une femme, ce qui n'arrange rien, surtout qu'elle est sur le point de publier le récit de son mariage raté avec Isaac.
Il a une petite copine de 17 ans (bientôt 18 !), Tracy (Mariel Hemingway) et quelques amis, dont Yale (Michael Murphy) mari presque fidèle pendant des lustres, mais qui vient de rencontrer Mary (Diane Keaton) avec laquelle ça semble sérieux.
Mais le hic, c'est qu'Isaac aussi, tombe amoureux de Mary...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour le noir et blanc, sublime, qui magnifie la Grosse Pomme, la rendant encore plus désirable et vertigineuse.
Hommage vibrant s'il en est, à la ville qui ne dort jamais, déclaration d'amour à la vie à la mort à cette ville insaisissable, multiformes, changeante, inaccessible, le film s'ouvre sur une succession de vues de New-York, un genre de kaléidoscope sans couleurs, sur fond musical et avec la voix off d'Isaac-Woody, qui jette les premières lignes de son roman. Impossible pour Isaac de dire d'une seule manière, pourquoi et à quel point cette ville lui colle tant à la peau, de la portraitiser. Il l'aime à peu près autant qu'elle lui file entre les doigts.
Impossible aussi de savoir vraiment qui est qui : on navigue entre fiction et réalité, la marotte de Woody Allen, avec d'omniprésentes références à sa vie personnelle...

Pour la photo et la lumière, magnifiques, les jeux d'ombres chinoises, les visages filmés souvent en gros plan, empreints de douceur, de gravité, parfois aussi de souffrance qui affleure derrière les sourires.

Pour le portrait au vitriol de ces cercles d'intellos new-yorkais, bavards, snobs, prétentieux, centrés sur eux-mêmes, solitaires, immatures, et fondamentalement malheureux. On nage en pleine névrose, on baigne dans la psychanalyse, on cotoie aussi une humanité en dérive affective.

Pour les dialogues subtilement drôles, dont chacun reste un bijou de cynisme et d'humour purement « allennien ».
S'il ne fallait en voir qu'un seul, ce serait celui-là, sans aucune hésitation !


Anecdotes

Woody Allen sortait à l'époque avec une jeune femme, Stacey Nelkin, qui fréquentait la High School New York's Stuyvesant, et lui inspira le personnage de Tracy.

Le film a entièrement été tourné en décors naturels, extérieurs comme intérieurs. D'ailleurs, il se termine sur la vue d'une enseigne au néon, Elaine's, un des lieux de prédilection du réalisateur.

Pour élargir la perspective sur la ville, le film a été tourné en Cinémascope (format 2:35).


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Isaac Davis : I think people should mate for life, like pigeons or Catholics.


Mary Wilke : I guess I should straighten my life out, huh ? I mean, Donnie my analyst is always telling me...
Isaac Davis : you call your analyst Donnie ?
Mary Wilke : yeah, I call him Donnie.
Isaac Davis : Donnie, your analyst ? I call mine Dr.Chomsky, y'know, he hits me with a ruler.


Tracy : not everybody gets corrupted. You have to have a little faith in people.



Fiche technique
Manhattan
1979
Réalisation : Woody Allen

Distribution
Woody Allen : Isaac Davis
Diane Keaton : Mary Wilkie
Michael Murphy :Yale
Mariel Hemingway: Tracy
Meryl Streep : Jill
Anne Byrne : Emily
Karen Ludwig : Connie
Michael O'Donoghue : Dennis

Durée : 96 mn



La fureur de vivre

Posté le 15 mai 2007 à 20:36 par Lydia M.
Papa, tu me fous grave la teuhon avec ton tablier de gonzesse !

La famille Stark au grand complet - mère hystérique et omniprésente, père lâche et démissionnaire, perfide belle-maman et Jim (James Dean) le fils, solitaire et rebelle - débarque dans une nouvelle ville, bien décidée à y rester cette fois-ci.
Jim lie d'amitié avec Platon (Sal Mineo) quasi-orphelin élevé par une nourrice, et Judy (Natalie Wood), sa voisine dont les relations avec ses géniteurs ne sont pas des plus sereines.
Jim tente de se faire accepter par la redoutable bande de djeuns menée par Buzz, en se bagarrant au couteau à la sortie du planétarium (tar'ta gueule à la récré ?) puis acceptant son défi de s'affronter lors d'une imbécile et dangereuse course de voitures en haut d'une falaise...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

On a beau le tourner dans tous les sens, trouver que ça a drôlement vieilli, que ces jeunes n'ont pas l'air bien jeunes et qu'ils feraient piètre figure à côté des délinquants d'aujourd'hui, et bien, quand même, c'est un sacré film sur la rupture, l'impossible dialogue entre générations, la complexité des rapports paternels...
On aurait tort de ne retenir de ce film que la scène de la baston au couteau ou de la course de voitures, ou même la seule image de James Dean en blouson rouge sur son t-shirt blanc : tout au long du film, Jim se cherche désespérément un père, qu'il ne trouve pas.
En revanche, Jim devient quasiment chef d'une famille virtuelle et recomposée, faisant de Judy sa femme et adoptant dans le même temps Platon, paumé parmi les paumés, lui aussi en quête d'amour paternel.

Peu de scènes de jour : du coup la noirceur, les ombres, les magnifiques clairs-obscurs du planétarium rendent l'émotion encore plus forte, et tendent peut-être à aggraver encore la désolation du tragique tableau final.
Tout semble en effet rentrer dans l'ordre, mais à quel prix ?!


Anecdotes

A l'origine, la production pensait à Marlon Brando pour le rôle principal : finalement, Elia Kazan, qui venait de finir A l'Est d'Eden recommanda James Dean à Nicholas Ray pour incarner Jim Stark. A cet égard, Stark est l'anagramme de Trask, personnage que jouait James Dean dans A l'Est d'Eden.

Lorsque le film est sorti sur les écrans, James Dean était mort depuis un mois : d'ailleurs, il tourna dans seulement trois longs-métrages, les deux autres étant A l'Est d'Eden et Géant (tourné l'année de sa mort et qui sortira lui, un an après).

Denis Hopper fait dans ce film plus qu'une apparition, en jouant Goon, l'un des gars de la bande de Buzz.

La fameuse scène du combat au couteau a été réalisée avec de vraies armes blanches, pas du plastoc ou du fer blanc, du vrai qui coupe : il paraît qu'ils portaient un cotte de maille sous leurs manches pour se protéger.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Jim Stark : I don't know what to do anymore. Except maybe die.


Fiche technique
La fureur de vivre (Rebel without a cause)
1955
Réalisation : Nicholas Ray

Distribution
James Dean : Jim Stark
Natalie Wood : Judy
Jim Backus : le père de Jim
Ann Doran : la mère de Jim
Sal Mineo : Platon
Corey Allen : Buzz
Dennis Hopper : Goon
Rochelle Hudson : la mère de Judy
William Hopper : le père de Judy
Virginia Brissac : la grand-mère de Jim
Nick Adams : Moose
Jack Simmons : Cookie

Durée : 107 mn



L'inconnu du Nord-Express

Posté le 07 mai 2007 à 14:17 par Lydia M.
Oups, mince alors, j'ai fait tomber mon briquet !

Guy Haines (Farley Granger), un champion de tennis bien propre sur lui rencontre un type dans un train, Bruno Anthony (Robert Walker). Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que le type en question, psychopathe sur les bords, lui propose un lugubre marché : un échange de meurtres se résumant à "j'bute ta gonzesse qui t'encombre et tu me débarrasses de mon vieux que j'abhorre" !
Le tennisman ne prend pas cette proposition au sérieux.
Pourtant sa femme Miriam va être étranglée peu de temps après.
Les ennuis de Guy vont commencer...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Tous les Hitchcock ne se valent pas, assurément : mais celui-ci, un poil moins connu que certains autres mérite une (ou même plusieurs) vision(s) attentive(s).
Pour sa lumière et ses superbes scènes nocturnes, qu'il s'agisse de la ville, éclairée à la lumière des réverbères, ou de la fête foraine, presque trop gaie pour être fréquentable...
Pour son casting, rassemblant des acteurs qui, sans être des superstars, incarnent à la perfection leurs personnages : qu'il s'agisse de Farley Granger avec sa tête d'ange brun, de jeune premier, pas exempt d'ambiguïtés, mais finalement assez courageux, en tout cas suffisamment pour sauver sa peau, ou de Robert Walker, oisif, névrosé jusqu'au trognon, sacrément psychopathe, implacablement méchant mais au bout du compte assez attachant. Une mention spéciale à Patricia Hitchcock, petite soeur binoclarde, dévouée, intelligente et intransigeante, à la langue drôlement bien pendue.
Pour ses scènes d'anthologie, son rythme endiablé et son suspense haletant : les paires de pieds qui se rencontrent au début dans le train, le meurtre se reflétant dans les lunettes tombées par terre, le match de tennis qui n'en finit pas, pendant que le briquet tombe dans une bouche d'égout, la scène finale avec la bagarre sur un manège qui s'est emballé.



Anecdotes

Pour la scène où Bruno farfouille pour récupérer le fameux briquet, c'est Hitchcock en personne qui a choisi les détritus qui jonchent le sol.
Le film est adapté d'un roman de Patricia Highsmith, dont Hitchcock acheta les droits anonymement pour en faire baisser le prix : il put ainsi les acquérir pour 7500 dollars, soit pas grand chose, paraît-il.
La scène où le type rampe sous le manège pour aller le stopper ne fut pas truquée : Hitchcock estima que cette cascade fut la plus risquée de toute sa carrière de réalisateur.
Quand le film fut distribué en Allemagne en 1952, certaines séquences jugées cruelles et violents, furent coupées (5 mn environ) : plus tard, ces scènes furent restaurées dans la version télévisée et sous-titrées, alors que le reste du film était doublé.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Senator Morton : poor unfortunate girl.
Barbara Morton : she was a tramp.
Senator Morton : she was a human being. Let me remind you that even the most unworthy of us has a right to life and the pursuit of happiness.
Barbara Morton : from what I hear she pursued it in all directions.



Fiche technique

L'inconnu du Nord-Express (Strangers on a train)
1951

Réalisation : Alfred Hitchcock
Distribution
Farley Granger : Guy Haines
Ruth Roman : Anne Morton
Robert Walker : Bruno Antony
Marion Lorne : Madame Antony
Leo G. Carroll : le sénateur Morton
Patricia Hitchcock : Barbara Morton
Jonathan Hale : Mr. Antony
Laura Elliott : Miriam Joyce Haines
Howard Saint-John : le capitaine Turley
Norma Varden : Mrs. Cunningham
John Brown : le professeur Collins
Robert Gist : Leslie Hennessy

Durée : 100 mn




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