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Les enchaînés

Posté le 19 juin 2007 à 18:44 par Lydia M.
Et un petit café, un !

Alicia Huberman (Ingrid Bergman) a une hérédité sacrément chargée : son père est un espion allemand, condamné à vingt ans de prison au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Pour tout dire, les nazis, Alicia, elle s'en cogne : elle est un genre de Paris Hilton de la côte Est. Elle enchaîne les conquêtes presque aussi vite que les margharitas.
Les services secrets, par l'entremise de T.R. Devlin (Cary Grant) la contactent pour une mission au Brésil, qu'elle accepte, bien que pas spécialement patriote : là-bas, elle doit infiltrer une bande d'ex-nazis, dont le chef est Alexander Sebastian (Claude Rains)...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Tout a été dit, ou presque sur ce film brillamment ficelé : couple mythique, superbe photo, scénario au poil...
N'empêche, c'est vrai qu'Ingrid Bergmann a un côté fascinant, incarnant un genre de Mata-Hari en désintoxication (et aussi un peu sur le chemin de la rédemption) et ce bien qu'elle porte des chapeaux et des coiffures ridicules, il faut l'admettre.
Qu'importe, elle attire le regard et la lumière et les gros plans sur son visage sont somptueux, traduisant sa grande vulnérabilité.
Et puis Cary Grant n'est pas mal non plus, dans le genre ténébreux, espion imperturbable et toujours professionnel, un rien guindé dans son costume, mais aussi drôlement amoureux, prêt à tout pour sauver la peau de sa belle.
L'un et l'autre passent une bonne partie du film à s'attendre, à se mettre à l'épreuve, tous deux souhaitant ardemment que l'autre bouge d'un millimètre, voire laisse transparaître un peu d'émotion...
Bien sûr, il y a aussi ce trèèèèèèèèès long baiser, qu'il a fallu entrecouper de dialogues pour ne pas subir la censure et être accusé d'obscénité.
Il y a aussi d'extraordinaires et sophistiqués mouvements de caméra, qui alternent avec des plans fixes, tout simples pour faire passer les dialogues au premier plan. Hitchcock excelle dans ce genre d'exercice, on est pas maître du suspense pour rien.
Et, last but not least, n'oublions pas la galerie de portraits des méchants, une meute de gars aux gueules patibulaires ainsi qu'une belle-mère drôlement possessive et jalouse (qui fume au lit).


Anecdotes

Le producteur David O. Selznick voulait Vivien Leigh pour jouer le rôle d'Alicia. Ce fut finalement Ingrid Bergman.

Claude Rains qui n'était pas très grand, joua plusieurs scènes perché sur une boîte, pour dépasser Ingrid Bergmann. D'ailleurs, il a également l'air aussi grand que Cary Grant, qui faisait à peu près 20 cm de plus que lui.

Hitchcock apparaît furtivement à la 60ème minute du film, pendant la réception chez les Sebastian.


Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)

Alicia : why should I ?
Devlin : patriotism.
Alicia : that word gives me a pain.



Fiche technique
Les enchaînés (Notorious)
1946

Réalisation : Alfred Hitchcock

Distribution
Ingrid Bergman : Alicia Huberman
Cary Grant : T.R. Devlin
Claude Rains : Alexander Sebastian
Louis Calhern : Paul Prescott
Leopoldine Konstantin : la mère de Sebastian
Reinhold Schünzel : Dr. Anderson
Moroni Olsen : Walter Beardsley
Ivan Triesault : Eric Mathis

Durée : 101 mn



La nuit américaine

Posté le 10 juin 2007 à 17:30 par Lydia M.
Et ta mère, elle est magique ?

"Je vous présente Paméla" est tourné aux studios de la Victorine à Nice, réalisé par Ferrand (François Truffaut), (plus ou moins) épaulé par toute une équipe d'acteurs et de techniciens...


Pourquoi voir ou revoir ce film ?

Pour comprendre que tourner un film, c'est une sacrée paire de manches : entre les pépins techniques, les coups de gueule du producteur et les états d'âme d'acteurs aux égos surdimensionnés et/ou ayant une propension à biberonner dès le petit déjeuner, il faut s'accrocher.
C'est d'ailleurs ce que fait le réalisateur, Ferrand (François Truffaut), qui y croit, tout simplement parce que comme il le dit à Alphonse (Jean-Pierre Léaud) sans son travail, sans le cinéma, il n'est rien.
D'ailleurs, le cinéma est en lui et vient hanter ses rêves chaque nuit...

Les actrices sont lumineuses, fragiles, conquérantes (et totalement barrées pour certaines)... tout ça à la fois... D'ailleurs, Nathalie Baye y fait une de ses premières apparitions à l'écran : toute jeunette et affublée de grosses binocles, elle lance un défi, et pas des moindres à Bernard Menez (et oui...), accessoiriste un peu bricoleur, un genre de Géo Trouvetout (sans bec).
Pour s'acclimater au cinéma de la Nouvelle vague, on peut commencer par celui-là, très accessible, filmé presque comme un documentaire, avec réalisme, grande simplicité et pas mal de fraîcheur.

N'y allons pas par quatre chemins, on peut d'emblée détester ou adorer : la voix-off un peu monocorde du réalisateur, les obsessions du jeune premier, Alphonse, qui souffre de ne pas être aimé ou pas comme il voudrait, les angoisses existentielles des uns et des autres, peuvent fasciner ou irriter. On peut aussi être dérouté par cette splendide mise en abyme (le film dans le film) et par ce mélange entre la vie réelle et les rôles des acteurs... quoi qu'il arrive, la Nuit américaine ne laisse pas indifférent...


Anecdotes

le titre du film fait référence à une technique cinématographique, qui consiste à filmer des séquences de jour alors qu'elles sont censées se dérouler la nuit, ce grâce à l'ajout d'un filtre et/ou à une sous-exposition.

La scène où le chat vient boire le lait du plateau de petit-déjeuner est inspirée de "la Peau douce", autre film de Truffaut, datant de 1964.

Lorsque Ferrand reçoit l'appel de Georges Delerue (le compositeur de la BO de "Je vous présente Paméla" et de "la Nuit américaine" !), la musique qu'il lui fait écouter par téléphone est celle de Deux anglaises et le continent, autre film de Truffaut tourné en 1971.

Séverine (Valentina Cortesa)utilise des sortes d'antisèches, avec les dialogues écrits dessus, qu'on lui colle ça et là sur les murs. Ca ne marche pas très bien. Mais François Truffaut utilisa avec succès ce petit truc lorsqu'il joua dans "Rencontres du 3ème type", car il avait du mal à mémoriser ses répliques en anglais.


Une petite citation, pour le plaisir

Bertrand : Vous savez, pour gagner de l'argent de nos jours, il faut être dans l'immobilier, pas dans le cinéma !


Joëlle : mais moi pour un film je pourrais quitter un type, mais pour un type je pourrais jamais quitter un film !



Fiche technique
La nuit américaine
1973

Réalisation : François Truffaut

Distribution
Jacqueline Bisset : Julie
Jean-Pierre Léaud : Alphonse
Jean-Pierre Aumont : Alexandre
Valentina Cortese : Séverine
François Truffaut : Ferrand
Dani : Liliane
Alexandra Stewart : Stacey
Nathalie Baye : Joëlle
Jean Champion : Bertrand
Nike Arrighi : Odile
David Markham : le docteur Nelson
Bernard Menez : Bernard (l'accessoiriste)
Jean-François Stévenin : Jean-François (1er assistant réalisateur)
Xavier Saint-Macary : Xavier

Durée : 112 mn



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